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Santé : les sucres ajoutés sont omniprésents







19 Mars 2024

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) vient de publier une étude sur un sujet qui inquiète : la présence omniprésente du sucre dans notre alimentation quotidienne. À travers une étude rigoureuse portant sur plus de 54 000 produits disponibles sur le marché entre 2008 et 2020, l'ANSES a mis en lumière l'usage répandu des sucres ajoutés et édulcorants dans les produits alimentaires, y compris dans ceux catégorisés comme salés.


Le sucre présent partout, tout le temps

Surprenant, n'est-ce pas ? En effet, cette enquête révèle que près de trois quarts des produits analysés (77%) contiennent au moins un ingrédient sucrant ou un vecteur de goût sucré, avec le saccharose (sucre de table) présent dans plus de la moitié des cas. « L’étude s’est également intéressée aux combinaisons d’ingrédients sucrants : 59 % des produits utilisent une classe ou une combinaison de deux classes d’ingrédients sucrants ou vecteurs de goût sucré », souligne l’Anses dans son communiqué de presse.

Ce changement de cap dans l'industrie alimentaire s'explique en partie par des reformulations de produits, visant à privilégier des ingrédients perçus comme plus naturels, tels que les jus de fruits, ou simplement plus courants, à l'image du sucre blanc. Cependant, une nuance importante mérite d'être soulignée : la diminution de l'utilisation d'ingrédients sucrants ne se traduit pas nécessairement par une réduction de la teneur en sucre des produits finaux. En effet, l'étude de l'ANSES ne s'est pas penchée sur les quantités précises utilisées. « La suppression d’un ingrédient sucrant peut aller de pair avec la révision de la proportion des autres ingrédients » précise Julie Gauvreau-Béziat, cheffe de l’unité observatoire des aliments.

Moins de sucre dans les sodas grâce à la taxe soda

L'espoir réside néanmoins dans une autre découverte de l'ANSES, portant spécifiquement sur les boissons rafraîchissantes sans alcool. Entre 2010 et 2019, une baisse de la teneur en sucres a été observée, résultat d'initiatives telles qu'un accord collectif visant à réduire de 5% le taux moyen de sucres et l'introduction d'une taxe sur les boissons sucrées.

L’industrie agroalimentaire, et le gouvernement, peuvent aller encore plus loin « L’Anses souligne qu’il existe une marge de réduction des teneurs en ingrédients sucrants pour un grand nombre de produits. Les efforts doivent donc se poursuivre pour diminuer ces teneurs dans les boissons et les aliments transformés. »