FiDA : pourquoi les Français rejettent massivement le partage de leurs données ?

La confidentialité des données financières et assurantielles est une préoccupation centrale pour les Français.

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Un vent d’inquiétude souffle sur le secteur assurantiel français. Le Financial Data Access (FiDA), un projet de règlement européen visant à permettre aux consommateurs de partager leurs données financières avec de nouveaux acteurs, est en passe de bouleverser les équilibres établis. La promesse affichée est celle d’une plus grande transparence et d’une concurrence renforcée, mais les Français y voient avant tout un risque majeur pour leur confidentialité et la stabilité de leur assurance. Une étude menée par Kantar pour la Macif révèle un rejet net de cette réforme.

Réglement FiDA : un projet qui divise

Le FiDA vise à rendre les données financières accessibles à divers acteurs, au-delà des banques et assureurs traditionnels. Concrètement, une personne pourrait autoriser une entreprise externe, qu’il s’agisse d’une start-up, d’un courtier ou d’un géant technologique, à consulter son historique financier ou ses informations d’assurance. Cet accès serait encadré, mais la finalité de ces partages interroge. Qui garantira que ces données ne seront pas utilisées pour façonner des offres hyper-personnalisées, favorisant les profils les plus rentables et écartant les autres ?

Les promoteurs du projet assurent qu’il apportera une meilleure visibilité aux consommateurs sur leurs propres données et qu’il favorisera la concurrence. Mais en France, le scepticisme domine. La confidentialité des données financières et assurantielles est une préoccupation centrale, et la perspective de voir ces informations devenir accessibles à des acteurs privés, y compris les géants du numérique, suscite un fort rejet.

Un rejet net du partage des données par les Français

Le sondage mené par Kantar pour la Macif, réalisé entre le 30 décembre 2024 et le 3 janvier 2025, illustre avec force l’opposition massive des Français à cette réforme. La confiance envers les assureurs traditionnels demeure relativement stable, puisque 85 % des sondés continuent de leur accorder leur préférence en matière de gestion des données. En revanche, l’ouverture du marché à de nouveaux acteurs suscite de fortes réticences. Seuls 40 % des personnes interrogées ou moins accepteraient que leurs informations soient partagées avec des comparateurs en ligne, des start-ups d’assurance (AssurTech) ou des grandes entreprises technologiques (GAFAM).

Lorsqu’il s’agit de données particulièrement sensibles, les réticences sont encore plus marquées. 75 % des sondés souhaitent que leurs données de santé restent strictement confidentielles, tandis que 65 % refusent de partager leurs informations financières et 64 % rejettent l’idée de transmettre leurs informations de profil personnel à des tiers.

Un danger pour la solidarité du modèle assurantiel

Les craintes des Français ne se limitent pas à la simple protection des données. L’accès élargi aux informations financières pourrait également remettre en question le principe fondamental de mutualisation des risques, qui constitue le socle du modèle assurantiel.

Aujourd’hui, les cotisations permettent un équilibre entre les assurés, en répartissant le coût des sinistres de façon solidaire. Or, avec la possibilité pour certains acteurs d’accéder à des données détaillées, le marché pourrait évoluer vers une segmentation plus fine des offres, favorisant les profils les plus rentables. À terme, les personnes jugées plus risquées – en raison de leur état de santé, de leur âge ou de leur zone géographique – pourraient voir leurs primes grimper en flèche.

Les résultats du sondage confirment l’importance de la solidarité dans l’esprit des assurés. 58 % des Français considèrent que les principes de solidarité dans l’assurance doivent être protégés. Ce chiffre monte à 69 % chez les moins de 35 ans et atteint 73 % chez ceux vivant dans des zones à risques.

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