Xavier Bertrand: Le Chamallow de Saint-Quentin

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Xavier Bertrand: Le Chamallow de Saint-Quentin © www.nlto.fr

Xavier Bertrand, c’est le seul politicien dont la carrière entière peut se résumer à une paire de Mephisto. Des chaussures pensées pour les hommes qui ont renoncé : molles, marron, vaguement orthopédiques, parfaites pour dire au monde « J’ai choisi le confort, mais le mauvais ». Chez Bertrand, la démarche en Mephisto n’est pas un détail : c’est un programme politique. Une philosophie. Une vision du monde.

C’est l’homme qui avance comme il gouverne : souple de partout, ferme nulle part. En termes d’élégance il apprécie également les petits gants blancs et les tabliers seyant de la franc-maçonnerie. Il se dit de droite, mais dès qu’il aperçoit un bulletin RN à 50 mètres, il se transforme en haut-parleur de la Fête de l’Huma. Il appelle à voter communiste avec la ferveur d’un militant improvisé, comme si la survie de la République dépendait soudain d’un bulletin rouge. Et ce grand gardien de l’ordre républicain préfère encore faire élire une liste NFP où figurent des proches de la France insoumise, mouvance qui flirte allègrement avec l’antisémitisme, plutôt que d’assumer une once de cohérence.

La droite en Bertrand, c’est comme la semelle de ses Mephisto : ça a existé un jour, mais ça s’est affaissé et c’est mou. Xavier Bertrand, c’est aussi le type qui rêve de devenir président depuis qu’il a souscrit sa première assurance-vie, mais qui affronte la vie politique avec la détermination d’un coussin en mousse. On l’appelle « candidat permanent ». Il espère que quelqu’un finira bien par lui donner les clés par politesse. Il transpire l’ambition, mais une ambition molle, gélatineuse, celle du Président Chamallow : sucré, collant, et inconsistant au soleil.

Il arrive aux interviews comme on arrive à une réunion de copropriété : un classeur à la main, aucune conviction dans le regard, mais l’assurance tranquille de l’homme qui a déjà préparé les photocopies. Il parle de « territoires » en espérant incarner la France de province : il n’est ni vraiment provincial, ni vraiment parisien, ni vraiment quelque chose. Il flotte dans le vide politique comme un chewing-gum sans goût, sans sucre avec de l’aspartam : ça se machouille sans conviction, ça n’a pas de gout, même pas une once de sucre et quand ça devient insipide ça fini dans une poubelle. On se demande encore comment il a été ministre. Probablement parce qu’un jour, quelqu’un a confondu sa disponibilité permanente avec du leadership.

Il parle de réformes comme on parle de rangement de garage : oui, il faudrait, peut-être, un jour, mais pas maintenant, et pas trop fort, pour ne vexer personne. Xavier Bertrand, c’est la France des compromis mous, des convictions amorties, du charisme à semelles compensées. Un homme qui avance en Mephisto parce qu’il espère secrètement qu’un jour, à force d’être confortable, il finira par glisser par accident vers l’Élysée. Un arriviste amorti, un molosse en chamallow, un politicien en mousse. Les Mephisto n’y sont pour rien : elles n’ont jamais signé pour avoir une telle égérie.

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