BYD vient de dynamiter les règles du jeu dans l’automobile. En annonçant l’intégration gratuite de son système avancé de conduite autonome sur la quasi-totalité de ses modèles, le constructeur chinois met ses rivaux sous pression. Premier dans le collimateur : Tesla.
BYD démocratise la conduite autonome et change les règles du marché
Le 10 février 2025, BYD a pris tout le monde de court en annonçant que son système de conduite autonome « God’s Eye » sera désormais inclus de série sur ses véhicules, y compris les modèles d’entrée de gamme. Avec cette décision, le constructeur chinois s’impose comme le premier acteur du marché à généraliser une technologie autrefois réservée aux modèles premium.
Là où Tesla facture encore son Full Self-Driving (FSD) à 99 dollars par mois ou 8 000 dollars à l’achat, BYD prend le contrepied en offrant gratuitement un système équivalent. Son objectif est clair : rendre la conduite autonome accessible à tous et prendre un avantage compétitif décisif sur ses concurrents. Ce déploiement concerne l’ensemble de la gamme, de la citadine Seagull, vendue à moins de 9 300 euros, aux SUV et berlines haut de gamme. En rendant cette technologie standard, BYD force toute l’industrie à revoir son modèle économique.
Une avancée technologique qui met la concurrence en difficulté
BYD a équipé son dernier modèle, la Seal 2025, d’un capteur LiDAR permettant une reconnaissance ultra-précise des obstacles. Par ailleurs, le constructeur ne mise pas uniquement sur le matériel. Il a conclu un partenariat stratégique avec DeepSeek, une startup spécialisée dans l’intelligence artificielle. Cette alliance permet à BYD d’intégrer un modèle IA capable d’adapter la conduite aux habitudes du conducteur et d’optimiser la gestion des trajets.
L’annonce de BYD a provoqué une onde de choc immédiate. Son action a bondi de 4,5 % dès le lendemain, tandis que celles de XPeng et Geely ont chuté, signe que cette offensive commerciale inquiète la concurrence. Tesla, de son côté, se retrouve dans une situation délicate. Son modèle économique repose largement sur la monétisation de son logiciel de conduite autonome. Si BYD impose la gratuité comme un standard, Tesla devra nécessairement s’adapter. Une baisse du prix du FSD semble inévitable, mais cela entraînerait une perte de revenus considérable pour l’entreprise d’Elon Musk.
Les constructeurs européens, eux aussi, sont sous pression. Volkswagen, BMW et Mercedes vendent encore leurs systèmes d’aide à la conduite comme des options premium, avec des packs souvent facturés plusieurs milliers d’euros. Face à BYD, ces groupes n’auront d’autre choix que de revoir leur copie s’ils veulent rester compétitifs.








