Crédits des Français : 2024, l’année du grand recul

Le crédit a longtemps été perçu comme un facilitateur, permettant aux ménages d’anticiper leurs achat.

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Crédits des Français : 2024, l’année du grand recul © www.nlto.fr

Jamais depuis plus de trente ans les ménages français n’avaient aussi peu emprunté. En 2024, la part des foyers détenant un crédit est tombée à un niveau historiquement bas, inversant une tendance qui, pendant des décennies, semblait solidement ancrée dans les habitudes financières.

L’Observatoire des Crédits aux Ménages (OCM) a livré son verdict le 12 février 2025 : les Français tournent le dos à l’endettement. Derrière cette réalité, plusieurs facteurs se croisent : crise de l’immobilier, hausse des taux d’intérêt, incertitudes économiques et durcissement des conditions d’octroi des prêts par les banques.

Le nombre de ménages ayant un crédit est au plus bas

Le crédit a longtemps été perçu comme un facilitateur, permettant aux ménages d’anticiper leurs achats, de s’équiper, de financer des projets ou encore d’accéder à la propriété. Or, en 2024, seuls 41,9 % des ménages détiennent un prêt, contre près de 50 % en 2019, détaille l’Observatoire des Crédits aux Ménages. Cette chute s’explique en grande partie par la baisse des crédits à la consommation, qui concernent désormais moins d’un ménage sur cinq, une proportion jamais vue depuis la création de l’OCM en 1989. L’immobilier, lui, échappe de peu à cette tendance, mais les nouveaux emprunts restent rares. La situation semble marquée par un attentisme généralisé : entre méfiance face aux incertitudes économiques et durcissement des conditions bancaires, les Français préfèrent renoncer ou repousser leurs projets de financement.

Dans le crédit à la consommation, la baisse est particulièrement spectaculaire. Ce type de prêt, qui permet de financer l’achat d’un véhicule, des travaux dans un logement ou encore l’acquisition d’équipements, recule de manière inédite. En 2024, seulement 19 % des ménages disposent d’un crédit à la consommation, contre 26,5 % en 2019.

Le crédit immobilier s’en sort, mais…

Le marché du crédit immobilier connaît une dynamique légèrement différente. Le taux de détention des crédits immobiliers s’établit à 29,7 % en 2024, un niveau stable par rapport à 2023. Cependant, cette stabilité cache une réalité bien plus complexe. Si les ménages déjà engagés dans un prêt immobilier conservent leur financement, l’accès à de nouveaux emprunts reste extrêmement restreint. Le marché immobilier traverse une période de blocage, où vendeurs et acheteurs peinent à se rencontrer.

D’un côté, les prix de l’immobilier n’ont pas baissé suffisamment pour relancer la demande, malgré un léger recul en fin d’année 2024. De l’autre, les banques appliquent des critères d’octroi de plus en plus stricts, excluant une partie des emprunteurs potentiels. Les primo-accédants sont particulièrement touchés, ayant du mal à réunir les conditions nécessaires pour obtenir un prêt, notamment en raison des exigences de revenus et d’apport personnel.

Vers un rebond du marché en 2025 ?

Malgré cette réticence à l’endettement, certains signaux laissent entrevoir une possible reprise du crédit en 2025. L’inflation a marqué un net ralentissement, avec un taux revenu à 2 % en 2024, et les taux d’intérêt, après avoir atteint des sommets en 2023, commencent à redescendre progressivement sur fond de baisse des taux directeurs de la BCE.

De plus, les intentions de souscription de crédits montrent un frémissement : en début d’année 2025, 3,7 % des ménages envisagent de souscrire un prêt à la consommation, contre 3,5 % l’année précédente. Ce niveau reste toutefois bien inférieur aux tendances observées avant la crise sanitaire, signe que la prudence reste de mise.

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