À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, l’ONG Oxfam France publie un rapport sévère sur l’action du gouvernement en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. Selon l’organisation, les mesures annoncées ces dernières années peinent à se concrétiser et les financements alloués restent insuffisants. De son côté, l’exécutif met en avant des progrès réalisés, notamment une augmentation des crédits dédiés à cette politique publique. Mais où en est réellement la France en matière d’égalité femmes-hommes ?
Un engagement politique jugé insuffisant malgré les promesses d’Emmanuel Macron
Depuis 2017, l’égalité femmes-hommes a été placée au rang de « grande cause nationale » par Emmanuel Macron. Dans les faits, plusieurs initiatives ont vu le jour, telles que l’index de l’égalité professionnelle, l’amélioration de l’accompagnement des victimes de violences sexistes et la lutte contre les écarts de salaire. Malgré ces efforts, Oxfam France estime que les progrès restent trop lents et que l’ambition affichée par le gouvernement n’est pas suivie d’effets concrets.
Dans son rapport publié le 3 mars 2025, l’ONG souligne que la France a reculé dans les classements internationaux en matière d’égalité économique. D’après les données du Forum économique mondial, le pays figure désormais à la 48ᵉ place, un recul qui met en lumière des disparités persistantes. L’organisation pointe également un retard dans la mise en œuvre de certaines réformes, notamment celles portant sur la revalorisation des métiers majoritairement féminins ou sur le congé parental équitablement partagé.
De son côté, l’exécutif rappelle les avancées réalisées et insiste sur l’augmentation des financements consacrés à cette politique. Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité femmes-hommes, a récemment annoncé une hausse du budget dédié, qui atteint désormais 94 millions d’euros pour 2025, contre 77 millions en 2024.
Des mesures concrètes encore attendues
Si le gouvernement met en avant les moyens alloués, Oxfam estime que ces investissements restent trop modestes pour répondre aux enjeux actuels. L’ONG souligne que certaines mesures majeures tardent à être mises en place, alors qu’elles sont régulièrement évoquées dans les discours officiels. L’organisation cite notamment la nécessité d’une loi cadre contre les violences sexuelles, proposition soutenue par plusieurs associations féministes depuis novembre 2024 mais rejetée par l’exécutif.
Par ailleurs, le rapport d’Oxfam met en avant la persistance des écarts de rémunération entre les hommes et les femmes. Dans le secteur privé, les femmes continuent de percevoir en moyenne 23,5 % de moins que leurs homologues masculins. L’ONG préconise un renforcement de l’index de l’égalité professionnelle, afin d’imposer aux entreprises des mesures plus contraignantes en matière de parité salariale.
La Cour des comptes, dans un rapport publié en janvier 2025, partage en partie ce constat. L’institution estime que la mise en œuvre des politiques d’égalité reste fragmentée et qu’un manque de coordination entre les différents ministères freine les progrès. Elle souligne que les dispositifs en place, bien que pertinents sur le papier, souffrent d’une application hétérogène selon les secteurs et les entreprises.








