Le FMI abaisse sa prévision de croissance mondiale

Si la zone euro affiche une certaine stabilité, c’est une stabilité de léthargie : le FMI prévoit une croissance modeste.

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Le FMI abaisse sa prévision de croissance mondiale © www.nlto.fr

La croissance mondiale est attendue à 3,2 % pour 2024 et 2025, un taux stable mais faible au regard des tendances historiques. Selon le rapport World Economic Outlook – April 2024 du FMI, ce chiffre « représente la projection quinquennale la plus basse depuis plusieurs décennies » (World Economic Outlook, FMI, 16 avril 2024)​. En d’autres termes, l’économie mondiale s’en sort… mais en boitant.

Pourquoi ce ralentissement dans la croissance mondiale ?

La vigueur inattendue de l’activité ces deux dernières années tient en grande partie à des facteurs exceptionnels : les ménages des économies avancées ont puisé dans les épargnes pandémiques, les marchés du travail ont absorbé des flux migratoires massifs, et la désinflation s’est opérée sans effondrement de la demande. Et pourtant, les déséquilibres structurels demeurent : « Les perspectives de croissance à moyen terme restent historiquement faibles », alerte le FMI​.

Plus préoccupant encore, la promesse de convergence entre les économies avancées et celles à revenu faible ou intermédiaire s’érode. « Le rythme de convergence vers un niveau de vie plus élevé pour les pays à revenu moyen et faible a ralenti », prévient le rapport​. La fracture se creuse, durablement.

États-Unis : bonne croissance, mais des prévisions revues fortement àla baisse

L’économie américaine est le contre-exemple le plus éclatant de la tendance générale. Le FMI y voit une « performance exceptionnelle » et souligne que les États-Unis ont « déjà dépassé leur trajectoire d’avant pandémie »​. Mais cette croissance a un coût : un déficit public abyssal, une politique budgétaire qualifiée de « non soutenable à long terme ».

La prévision américaine a été ramenée à 1,8 % pour 2025, contre 2,7 % en janvier. Une correction brutale. Selon CNBC, le Fonds estime que « le risque de récession s’élève à 40 % » pour les États-Unis, une estimation sans précédent depuis la crise de 2008.

Chine : la croissance s’érode, la confiance s’effrite

Autre géant en difficulté : la Chine. Sa croissance prévue pour 2025 est désormais limitée à 4 %, loin de l’objectif officiel de Pékin fixé à 5 %. Cette baisse s’explique principalement par la crise immobilière persistante et le manque de réponse structurelle du gouvernement. Le FMI met en garde : « Sans une réponse globale au secteur immobilier en difficulté, la croissance pourrait fléchir »​.

Le rapport évoque également un risque politique : un excédent extérieur croissant pourrait envenimer les tensions commerciales avec les États-Unis. À mesure que la demande intérieure reste atone, Pékin pourrait être tenté d’intensifier ses exportations… au risque de raviver la guerre des tarifs qui bat son plein.

Zone euro et France : la reprise molle, l’austérité en embuscade

En Europe, le tableau est plus contrasté. Si la zone euro affiche une certaine stabilité, c’est une stabilité de léthargie : le FMI prévoit une croissance modeste, freinée par les effets résiduels de la hausse des taux et par l’austérité budgétaire déjà en cours. « La BCE devra calibrer avec soin tout assouplissement pour ne pas provoquer un ralentissement excessif », écrit l’institution.

La France est l’un des mauvais élèves de la région. Le FMI abaisse sa prévision de croissance à 0,6 % pour 2025, contre 0,8 % précédemment. Le pays souffre d’une industrie en panne et d’exportations plombées par la conjoncture mondiale. L’Espagne, à l’inverse, résiste mieux grâce à une économie davantage tirée par la demande intérieure et un secteur touristique robuste.

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