Chasse : la Fédération nationale des chasseurs publie son premier manifeste

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Chasse : la Fédération nationale des chasseurs publie son premier manifeste © www.nlto.fr

La Fédération nationale des chasseurs va à la rencontre des élus locaux pour défendre sa vision de la ruralité. Pour la première fois, elle publie un manifeste national.

Les chasseurs lancent une campagne locale, pour un message national

Le 17 mai 2025, les acteurs du monde cynégétique (Chasse) se rendront simultanément dans l’ensemble des communes françaises, soit plus de 36 000 mairies, pour y remettre un document inédit : le premier manifeste de la Fédération national des chasseurs. Conçu comme un support d’échange, ce manifeste vise à établir un dialogue direct avec les maires, considérés comme des interlocuteurs de terrain et des relais d’influence au sein des institutions.

Ce document s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les acteurs de la chasse et certaines orientations politiques ou réglementaires, perçues comme contraignantes voire stigmatisantes. La Fédération nationale des chasseurs (FNC) affirme vouloir faire entendre une parole souvent marginalisée, en mettant en avant la réalité des usages, la complexité des équilibres faunistiques et la nécessité d’une régulation concertée des milieux naturels.

Onze propositions concrètes

Le manifeste de la Fédération nationale des chasseurs comprend onze propositions structurées autour de trois grands axes : la gestion de la faune, la reconnaissance de la chasse dans les politiques publiques, et la préservation d’un modèle rural ancré dans les usages locaux. Le manifeste s’ouvre sur une demande symbolique forte : inscrire la chasse au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Cette reconnaissance viserait à protéger les pratiques traditionnelles, comme la chasse au gibier d’eau, le piégeage ou encore le déterrage, régulièrement remises en cause par certaines évolutions réglementaires.

Autre point central : le financement des dégâts de gibier, actuellement assumé en totalité par les chasseurs. Ce système, en vigueur depuis plusieurs décennies, est jugé économiquement intenable par la profession, surtout dans un contexte d’augmentation des populations de sangliers ou cervidés. La FNC plaide ainsi pour une répartition plus équitable de cette charge, impliquant potentiellement les collectivités ou l’État. D’autre part, la FNC pointe du doigt l’interdiction progressive du plomb dans les munitions, encadrée par le règlement REACH, qu’elle juge irréaliste en l’absence d’alternatives efficaces sur le plan technique et économique. Le texte pointe par ailleurs le statut de protection accordé au loup par la directive européenne « Habitats », perçu comme un frein à toute régulation adaptée au terrain. Selon la fédération, les dégâts sur les troupeaux et l’impact sur le gibier appellent des mesures plus souples, et surtout, différenciées selon les régions.

Enfin, le manifeste propose la création d’une police rurale de proximité, opérée par les fédérations départementales, et le maintien de la possibilité de chasser les week-ends et jours fériés. Pour la FNC, ces mesures ne relèvent pas de privilèges, mais de la continuité d’un modèle de gestion ancré dans les réalités rurales.

En définitive, la FNC demande, dans son manifeste, une réévaluation des normes à l’échelle locale, c’est-à-dire une adaptation tenant compte des réalités biologiques, économiques et sociales des territoires concernés.

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