Les produits d’épargne préférés des Français, à savoir le Livret A et le Livret d’épargne populaire (LEP), sont boudés en ce moment. Ils affichent des niveaux très bas, en raison de taux peu attractifs.
Le Livret A et le LEP ne font plus recette
La Caisse des dépôts vient de dévoiler des chiffres qui résonnent comme un séisme dans le monde feutré de l’épargne. Le Livret A et le Livret d’épargne populaire (LEP) enregistrent, en avril 2025, leur plus forte décollecte depuis seize ans. Une hémorragie inattendue, mais pas inexplicable. En toile de fond : un taux d’intérêt réduit et une concurrence féroce des produits alternatifs.
Un chiffre sonne comme un avertissement : 200 millions d’euros. C’est le montant net retiré des Livrets A en avril 2025, selon les données officielles publiées par la Caisse des dépôts. En clair, les Français ont préféré vider leurs comptes plutôt que les alimenter, signe d’un changement de comportement en matière d’épargne.
Et ce n’est pas tout. Ce mois d’avril 2025 marque la plus importante décollecte pour ce produit depuis 2009. Pourquoi ? La réponse tient en deux chiffres : un taux d’intérêt passé de 3 % à 2,4 % depuis le 1er février 2025, et un encours toujours colossal de 444 milliards d’euros.
LEP : la saignée silencieuse de l’épargne populaire
Mais c’est du côté du Livret d’épargne populaire (LEP) que la ponction est la plus spectaculaire. Avec 1,96 milliard d’euros retirés en avril 2025, ce placement socialement orienté enregistre sa pire performance depuis sa généralisation bancaire en 2009. Derrière cette fuite des capitaux, une cause précise : les fermetures annuelles de comptes pour les titulaires ne remplissant plus les conditions de revenus, combinées à une baisse d’attrait liée à des taux, là aussi, peu avantageux.
La décollecte du LEP est d’autant plus préoccupante que ce produit est censé protéger les ménages modestes contre l’inflation. Or, en avril 2025, il n’a pas résisté à l’appel du portefeuille. Cette chute libre du LEP reflète une perte d’efficacité de cet outil d’épargne sociale. Et les 80,8 milliards d’euros encore en encours ne suffisent plus à masquer le désaveu.
Il faut dire que la concurrence est rude. L’assurance-vie, par exemple, fait des étincelles. En mars 2025, elle a enregistré des cotisations record, selon la Fédération française de l’assurance. Un afflux d’argent qui s’est fait aux dépens des livrets réglementés.












