Deux députés, Ayda Hadizadeh (Parti socialiste) et Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), s’apprêtent à déposer une proposition de loi qui ferait date : interdire la vente de smartphones aux mineurs de moins de 15 ans, dévoile Le Figaro. Derrière cette mesure radicale, un constat partagé au-delà des clivages politiques : le smartphone, omniprésent dans la vie des adolescents, est aujourd’hui perçu comme un facteur de risque.
Interdiction des smartphones : une réponse politique à une urgence sociétale
L’initiative s’inscrit dans un contexte politique sans majorité claire à l’Assemblée, mais qui favorise paradoxalement l’émergence de projets transpartisans. Cette proposition de loi, selon ses initiateurs, est née d’un besoin de « prendre le mal à la racine ». « Le smartphone est une bombe à retardement », alerte Jérémie Patrier-Leitus dans les colonnes du Figaro. Il compare sa présence entre les mains d’un enfant à une forme d’exposition toxique comparable à l’alcool ou au tabac.
Les récents événements ont aussi contribué à accélérer cette volonté législative. L’agression mortelle d’une surveillante à Nogent-sur-Oise le 10 juin 2025, par un collégien de 14 ans, a ravivé le débat sur les effets d’un accès incontrôlé au numérique et aux réseaux sociaux sur les comportements des jeunes.
Interdire le smartphone pour mieux l’encadrer
Cette proposition ne vise pas à couper toute communication numérique aux mineurs, mais à en restreindre l’accès aux fonctions les plus controversées. Hadizadeh et Patrier-Leitus prévoient ainsi la création d’un label spécifique pour les « téléphones à service limité » – des appareils dénués d’accès Internet, de réseaux sociaux ou de plateformes de vidéos. Une manière de réconcilier encadrement et besoins pratiques des familles.
Ayda Hadizadeh insiste : « L’État doit jouer son rôle. On ne peut plus se contenter de prévenir les dangers du numérique par de simples campagnes de sensibilisation. Il faut des outils juridiques pour aider les parents à fixer des limites. » Car le projet se veut aussi un levier de soutien parental, en inscrivant l’interdit dans le marbre de la loi.
Une régulation alignée sur les ambitions présidentielles
Cette proposition législative s’inscrit dans la continuité des annonces d’Emmanuel Macron. Le chef de l’État avait promis cette semaine une interdiction de l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans « dans les mois à venir ». Les députés veulent aller plus loin en intervenant directement sur le support : le smartphone lui-même. Patrier-Leitus le rappelle : « Notre but n’est pas de revenir à l’âge de pierre, mais de faire comprendre que le smartphone n’est pas un objet anodin. Il n’a pas sa place dans la main d’un enfant de 10 ans. »
La stratégie des deux députés repose sur une inscription du texte à l’ordre du jour de l’Assemblée en décembre 2025, lors de la semaine transpartisane, explique Le Figaro. La proposition sera ouverte à la cosignature, afin de réunir un maximum de soutiens politiques. « Il y a des sujets qui dépassent les clivages partisans », souligne Patrier-Leitus, confiant dans les chances d’adoption du texte.
Les enjeux sont multiples : protection de l’enfance, responsabilisation des fabricants, transformation du marché de la téléphonie. Car si la loi voit le jour, les fabricants et distributeurs devront s’adapter : vérification d’âge obligatoire à l’achat, diversification des gammes vers des modèles bridés, refonte de la stratégie marketing.













Ce n’est pas l’état qui doit gérer ça mais les parents ! Encore un signe que nos politiques sont déconnectés de la réalité