Se loger à Paris relève souvent d’un véritable parcours du combattant. Devenir propriétaire, encore plus. Ainsi, la mairie va lancer à la rentrée une grande opération : plus de 230 logements seront vendus à prix réduits dans certains arrondissements de la capitale.
La mairie de Paris tente de relancer l’immobilier
La municipalité parisienne confirme le lancement d’un projet immobilier d’une ampleur sans précédent. D’après le Parisien, dès le 3 septembre 2025, 233 appartements seront mis en vente via le bail réel solidaire, à un tarif moyen de 4 900 euros par mètre carré, un tarif défiant toute concurrence dans la capitale. À force de repousser les classes moyennes vers la périphérie, la Ville de Paris a fini par dégainer une arme qu’elle affûte depuis plusieurs années : le bail réel solidaire (BRS). Ce mécanisme dissocie le foncier du bâti, permettant aux acheteurs de ne payer que pour les murs, tandis que le sol reste la propriété d’un organisme public, en l’occurrence la Foncière de la Ville de Paris.
Grâce à ce modèle, la facture s’allège considérablement. Le mètre carré est proposé à moins de 5 000 euros, contre plus du double dans de nombreux quartiers parisiens. Cette stratégie s’inscrit dans un effort plus large de la municipalité pour maintenir une certaine mixité sociale et freiner la logique spéculative.
Une offre sélective et territorialisée dans l’Est parisien
L’opération cible principalement les 18e, 19e et 20e arrondissements, des zones en pleine reconfiguration urbaine. Les appartements, des T2 au T5, seront répartis entre constructions neuves à haute performance environnementale et bâtiments rénovés, notamment à Python-Duvernois, Porte de la Chapelle ou encore avenue Jean-Jaurès. Mais l’accès à ces logements ne sera pas ouvert à tous. Seuls les ménages parisiens aux revenus inférieurs à des plafonds stricts définis par l’État pourront candidater. La procédure prévoit une vérification en ligne de l’éligibilité, suivie d’un dépôt de dossier anonymisé. La décision finale revient à une commission indépendante, censée garantir équité et transparence.
Cette opération n’est pas un coup d’essai. Des initiatives similaires ont déjà été lancées ces dernières années, parfois avec des résistances juridiques en guise de retour de bâton. Le programme de Saint-Vincent-de-Paul, dans le 14e arrondissement, en est l’exemple le plus connu : recours d’habitants, retards de chantiers, contestations sur la méthode. Pour autant, la mairie persévère. Elle revendique ici la plus grande commercialisation jamais engagée sous le régime du BRS. Le message est clair : changer la donne, quitte à heurter les habitudes du marché, et sans doute aussi à affronter de nouveaux contentieux.
Si l’expérience se veut pilote à grande échelle, elle reste numériquement modeste. Les 233 logements prévus ne suffiront pas à absorber la demande massive de foyers cherchant à acheter à Paris. Mais ils pourraient servir de vitrine politique pour une nouvelle forme d’accession, plus encadrée, moins spéculative, et revendiquée comme « solidaire ». La Foncière de la Ville de Paris a déjà inscrit dans sa feuille de route le développement de plus de 1 000 logements sous ce modèle d’ici 2026.












