Le 18 août 2025, Ener2Crowd a présenté le ranking 2025, fondé sur l’étude Keeping track of greenhouse gas emission reduction progress and targets in 167 cities worldwide, publiée par des chercheurs de la Sun Yat-sen University en Chine en 2021. Ce travail établit un classement des métropoles selon leurs émissions de CO₂ équivalent.
La pollution urbaine mondiale dominée par l’Asie
Le classement mondial 2025 met en évidence une prédominance asiatique. En première place, Handan, en Chine, affiche 206,9 millions de tonnes de CO₂ équivalent, devançant Shanghai (195,5 Mt) et Suzhou (158,1 Mt). Derrière, Dalian (147,7 Mt) et Pékin (141,5 Mt) confirment le poids colossal des grandes métropoles chinoises. Selon l’étude publiée dans Frontiers in Sustainable Cities, « les 25 villes les plus polluantes représentent 52 % des émissions urbaines mondiales ».
La deuxième moitié du top 10 mondial confirme ce déséquilibre. Tianjin (137,3 Mt) et Moscou (128 Mt) illustrent la dépendance persistante aux énergies fossiles. La capitale russe devient la seule ville européenne à figurer dans ce groupe. Wuhan (114,4 Mt), Qingdao (95,5 Mt) et Chongqing (82,7 Mt) ferment ce palmarès, où la pollution résulte d’un mélange d’urbanisation massive, d’industrie lourde et de croissance démographique.
L’Europe face à ses propres contradictions
Si le monde regarde vers l’Asie pour ses records d’émissions, l’Europe n’est pas épargnée par la pollution. Dans le classement Ener2Crowd, Moscou domine avec 141,5 Mt CO₂ équivalent, suivie d’Istanbul (87,4 Mt) et de Saint-Pétersbourg (53 Mt). Viennent ensuite Francfort, Athènes et Berlin, autant de villes confrontées à une forte empreinte carbone liée aux transports et aux bâtiments. L’étude souligne que, dans près d’un tiers des villes suivies, le secteur des transports représente plus de 30 % des émissions.
En France, la situation apparaît moins extrême, mais reste préoccupante. Les dernières données indiquent que Paris enregistre une moyenne de 13,7 µg/m³ de PM2.5, suivie de Marseille (13,4 µg/m³), Lyon (12,6 µg/m³), Lille (12,4 µg/m³) et Bordeaux (12,1 µg/m³) d’après R-Pur. Ces niveaux sont deux à trois fois supérieurs à la valeur de référence fixée par l’OMS (5 µg/m³). La pollution française, bien que moins massive que celle d’Asie, expose donc les populations urbaines à un risque sanitaire tangible.
L’OMS rappelle que « près de 7 millions de décès par an sont causés par la pollution de l’air » souligne Cnews. En France, Santé publique France a régulièrement associé l’exposition chronique aux particules fines à une surmortalité cardiorespiratoire. Ainsi, même si aucune ville française ne figure parmi le top 10 mondial, ce classement révèle une vulnérabilité nationale. Les cinq villes identifiées cumulent densité démographique, trafic routier intense et dépendance énergétique, renforçant l’urgence de mesures structurelles pour améliorer la qualité de l’air.












