Alors que la rentrée bat son plein, la drunkorexie s’est invitée dans le débat public en France. Cette pratique, qui associe alimentation volontairement réduite et consommation d’alcool, touche particulièrement les jeunes. En exploitant la banalisation des soirées festives et la pression liée à la minceur, elle fait peser un risque majeur sur la santé.
Drunkorexie : une pratique dangereuse sur fond d’alcool
La drunkorexie repose sur un mécanisme simple mais dangereux : réduire, voire supprimer, ses repas pour « compenser » les calories liées à l’alcool ou pour s’enivrer plus rapidement. Selon TF1 Info, elle consiste à jeûner, sauter des repas ou utiliser des méthodes compensatoires avant de boire. Certains jeunes vont jusqu’à provoquer des vomissements ou utiliser des laxatifs pour continuer à consommer de l’alcool sans prise de poids.
Le phénomène n’est pas nouveau. Selon TF1 Info, il est apparu il y a environ quinze ans sur les campus américains. Depuis, il a été documenté dans plusieurs pays. Une étude australienne citée par le COREADD en 2020 montre que 28 % des participants déclaraient restreindre leur alimentation afin de privilégier l’alcool. Aux États-Unis, une enquête universitaire publiée en 2011 révélait que les femmes étaient trois fois plus nombreuses que les hommes à signaler ce comportement. Plus récemment, une recherche polonaise parue en 2025 a constaté que 43 % des sujets interrogés adoptaient des comportements assimilés à la drunkorexie.
Des risques immédiats liés à l’alcool et à la privation
Or, boire de l’alcool l’estomac vide multiplie les dangers physiologiques. Selon Addict’AIDE, cette absorption accélérée entraîne une hypoglycémie, des malaises, des carences et un risque accru d’intoxication aiguë.
La concentration d’alcool dans le sang augmente alors beaucoup plus vite, favorisant les pertes de conscience et les accidents graves. Les conséquences neurologiques sont également documentées : altération de la mémoire, baisse des performances cognitives et affaiblissement des défenses immunitaires. Toutefois, la drunkorexie n’est pas encore reconnue dans les classifications médicales comme le DSM-5 ou la CIM-11, essentiellement faute d’outils pour son diagnostic.








