Le 8 septembre 2025, un manifeste a rassemblé plus de 1 200 signataires initiaux, rapidement rejoints par plus de 3 000 professionnels du cinéma mondial, parmi lesquels Olivia Colman, Emma Stone ou Javier Bardem. Tous s’engagent à boycotter les institutions cinématographiques israéliennes considérées comme liées au gouvernement et accusées de soutenir indirectement la guerre à Gaza.
3.000 acteurs s’engagent pour la Palestine
La lettre, publiée par Film Workers for Palestine, stipule que les signataires “ne travailleront pas avec les institutions cinématographiques israéliennes impliquées dans le génocide ou l’apartheid contre les Palestiniens”, relaye The Guardian. Cette précision vise non pas les artistes israéliens individuellement, mais bien les structures culturelles telles que festivals, sociétés de production ou cinémas bénéficiant d’un soutien officiel.
La démarche se fonde sur l’idée que le cinéma, en tant qu’art et industrie, participe à la construction de récits collectifs et ne peut être dissocié d’un contexte politique. Pour les initiateurs, collaborer avec des institutions jugées complices reviendrait à “légitimer un système d’oppression”, selon le communiqué.
Les personnalités et l’ampleur du mouvement
Au lancement, environ 1 200 artistes avaient signé le texte. En moins d’une semaine, le chiffre a dépassé 3 000 signataires, confirmant l’ampleur du mouvement (AP News, 9 septembre 2025). On retrouve des acteurs oscarisés comme Olivia Colman, Emma Stone ou Mark Ruffalo, mais aussi des réalisateurs comme Ava DuVernay et des comédiens engagés tels que Riz Ahmed.
Pour beaucoup, il s’agit d’un geste de solidarité assumé : “Nous refusons de normaliser la complicité culturelle”, affirme la déclaration collective.
La décision intervient dans un contexte dramatique : la guerre à Gaza a causé, selon plusieurs agences internationales, des dizaines de milliers de victimes civiles. Face à ces chiffres, les signataires estiment que les institutions culturelles israéliennes, en recevant des financements d’État ou en participant à des stratégies d’image, deviennent des relais de propagande. Reuters rapporte que la lettre accuse ces organismes de “blanchir les crimes de guerre par le biais du cinéma”. L’argument repose sur l’idée de complicité : les festivals, les organismes de subvention ou les salles israéliennes ne seraient pas neutres mais intégrés à une politique globale.
Un appel des cinéastes palestiniens et une urgence morale
Ce boycott répond aussi directement à un appel formulé par des cinéastes palestiniens, relayé par Euronews. Ceux-ci réclament la fin du “silence complice” du milieu international du cinéma. La lettre évoque la “déhumanisation systématique” dont seraient victimes les Palestiniens, et appelle les artistes à refuser le double standard.
Du côté israélien, les réactions sont vives. L’Association des producteurs israéliens a exprimé son inquiétude, affirmant que ce boycott “punit également les artistes israéliens critiques du gouvernement”. Les opposants au mouvement estiment que la culture devrait rester un espace de dialogue, et non devenir une frontière supplémentaire.












