La réalité est pourtant limpide. Une holding est une société, soumise comme toutes les autres à l’impôt sur les sociétés. Elle ne peut pas payer les vacances ou la villa de son propriétaire : ce serait un abus de biens sociaux, puni par la loi. Si un actionnaire veut utiliser l’argent à titre personnel, il doit d’abord passer par :
- 25 % d’impôt sur les sociétés au niveau de l’entreprise qui a généré le bénéfice,
- puis 30 % de flat tax lorsqu’il touche les dividendes.
Autrement dit, avant qu’un euro n’arrive dans sa poche, près de la moitié est déjà captée par l’État. Où est le contournement ? Où est le paradis fiscal ?
En vérité, la holding n’est pas une boîte noire mais une machine à investissement. L’argent qui y reste n’est pas immobilisé, il est réinvesti. Et il est géré par des gens compétents – entrepreneurs, familles, dirigeants – qui cherchent à faire grossir les fonds détenus. Résultat : chaque euro placé dans une holding produit, année après année, de nouveaux bénéfices, qui eux-mêmes sont taxés à 25 % d’IS. C’est un cercle vertueux, une rente fiscale pour l’État.
S’attaquer aux holdings, c’est donc un calcul à courte vue. C’est prendre aujourd’hui un peu de cash pour flatter un électorat frustré, mais se priver demain de recettes bien plus importantes. C’est transformer un capital productif en dépense publique engloutie par un État glouton, jamais rassasié.
La gauche le sait. Mais elle préfère travestir la vérité, jouer sur la complexité fiscale pour fabriquer un récit d’injustice : « les riches vous manipulent, ils profitent du système ». C’est une manipulation politique pure et simple. Le problème n’est pas économique, il est idéologique.
Or cette démagogie a un prix. Elle détruit la confiance des entrepreneurs, fait fuir les capitaux, fragilise nos entreprises et réduit in fine les recettes de l’État lui-même. Car la vérité, c’est que l’État est déjà l’actionnaire invisible de toutes les holdings françaises : il prend 25 % sur chaque bénéfice, 30 % sur chaque dividende, et prélève encore TVA et charges sociales dès que l’argent circule.
Diaboliser les holdings, ce n’est pas punir les riches, c’est affaiblir l’économie française. C’est saboter une rente fiscale durable au nom d’un slogan de meeting. C’est de la politique-spectacle, pas de la politique économique.
Arrêtons les contes fiscaux. Les holdings ne sont pas l’ennemi. Elles sont un atout pour l’économie et une source stable de revenus pour l’État. Les démagogues peuvent bien crier au scandale : la vérité est que ce qu’ils proposent, c’est d’appauvrir le pays.












