Venezuela : Caracas affirme avoir démantelé une cellule liée à la CIA qui préparait une opération d’ingérence

Selon Caracas, la cellule démantelée était composée d’au moins quatre personnes, toutes arrêtées par les autorités.

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Venezuela : Caracas affirme avoir démantelé une cellule liée à la CIA qui préparait une opération d’ingérence © www.nlto.fr


Les autorités vénézuéliennes ont annoncé avoir déjoué une « cellule criminelle » liée à la CIA, accusée d’avoir préparé une attaque contre un navire américain afin de justifier une agression militaire.

Une annonce officielle au moment d’un regain de tensions régionales

Le 28 octobre 2025, le ministre des Affaires étrangères du Venezuela, Yván Gil, a déclaré que les services de sécurité avaient « démantelé une cellule criminelle financée par la CIA », qui aurait cherché à « justifier une agression américaine ». Cette déclaration, rapportée par l’AFP, fait suite à plusieurs jours d’échanges diplomatiques tendus avec les États-Unis.

Selon Caracas, la cellule démantelée était composée d’au moins quatre personnes, toutes arrêtées par les autorités. Le ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello, a précisé que ces suspects auraient été chargés d’organiser une opération sous faux drapeau, visant à simuler une attaque contre le destroyer américain USS Gravely, explique ABC News. Le bâtiment de guerre américain se trouvait alors à Port-of-Spain, capitale de Trinité-et-Tobago, pour des manœuvres conjointes avec les forces locales. Le gouvernement vénézuélien affirme que cette prétendue opération avait pour but de créer un incident maritime susceptible de justifier une réaction militaire des États-Unis.

L’implication présumée de la CIA et les réactions officielles

Dans un communiqué publié deux jours plus tôt, la vice-présidente Delcy Rodríguez accusait la CIA de « coordonner une provocation militaire » à partir du territoire trinidadien, évoquant une « attaque sous faux drapeau en préparation dans les eaux frontalières ». Selon Reuters, le gouvernement vénézuélien estime que l’objectif de cette manœuvre serait de « générer une confrontation militaire complète » entre les deux pays.

Les autorités américaines n’ont pas commenté directement ces accusations, mais des responsables du département d’État ont réaffirmé que les États-Unis « n’avaient aucune intention offensive contre le Venezuela ». Washington maintient toutefois une présence militaire importante dans les Caraïbes : selon L’Express, sept navires de guerre et deux bombardiers B-1B ont participé récemment à des exercices régionaux, présentés comme des « opérations de sécurité maritime ».

Cette concentration de forces américaines intervient après plusieurs frappes menées en mer des Caraïbes contre des embarcations soupçonnées de trafic de drogue. Depuis début septembre, dix actions de ce type ont été recensées, causant au moins 43 morts selon l’AFP. Ces frappes ont été qualifiées d’« exécutions extrajudiciaires » par un groupe d’experts de l’ONU, rappelle Reuters, ce qui a renforcé les critiques de Caracas sur la légalité des opérations américaines dans la région.

L’épisode du USS Gravely constitue le point central du différend. Le destroyer américain est arrivé à Port-of-Spain le 26 octobre 2025 pour participer à des manœuvres navales conjointes avec Trinité-et-Tobago, un partenaire régional de Washington dans la lutte contre le narcotrafic. Le Venezuela considère ces exercices comme une « provocation militaire » et une violation implicite de sa sécurité. En réaction, Delcy Rodríguez a annoncé vouloir suspendre les accords énergétiques avec Trinité-et-Tobago, arguant que le Premier ministre Keith Rowley « a décidé de rejoindre l’agenda belliciste des États-Unis ».

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