Trump gracie Giuliani : la revanche politique d’un président en croisade

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Trump continue de constituer son cabinet
Trump gracie Giuliani : la revanche politique d’un président en croisade © www.nlto.fr

Donald Trump a signé une série de grâces présidentielles sans précédent : 77 personnes, dont son ancien avocat Rudy Giuliani, ont été blanchies de toute responsabilité dans les tentatives visant à contester les résultats de l’élection de 2020. Officiellement, le geste se veut un appel à la réconciliation nationale.

Une grâce présidentielle à portée de revanche

Donald Trump a signé une mesure spectaculaire : la grâce totale de 77 personnes impliquées dans les tentatives de renverser les résultats de l’élection présidentielle américaine de 2020. Parmi elles figurent Rudy Giuliani, ancien maire de New York et fidèle avocat du président, mais aussi des figures centrales de la contestation post-électorale : Sidney Powell, John Eastman, Kenneth Chesebro ou encore Mark Meadows. Officiellement, la Maison-Blanche parle d’un « geste d’apaisement national ». En réalité, il s’agit d’un acte éminemment politique, à la fois signal de loyauté et affirmation de pouvoir. Cette grâce présidentielle, datée du 7 novembre 2025, est « totale, complète et inconditionnelle ». Elle s’applique à tous les faits liés à « la défense ou l’organisation des listes de grands électeurs présidentiels » en 2020. Toutefois, son effet reste limité : elle ne concerne que les poursuites fédérales. Les procédures engagées par certains États, notamment en Géorgie et en Arizona, demeurent actives. Autrement dit, Giuliani et d’autres proches de Trump restent exposés à des poursuites locales, même si la grâce fédérale les protège des enquêtes nationales.

Le retour de l’impunité politique

Ce geste marque le retour assumé d’une culture de l’impunité au sommet de l’État américain. En récompensant la loyauté de ses anciens conseillers, Trump envoie un message clair : dans son univers politique, la fidélité personnelle prime sur la légalité. La justice, perçue comme un instrument de vengeance politique, est désormais placée sous l’ombre du pouvoir exécutif. Les réactions ne se sont pas fait attendre. Pour les démocrates, il s’agit d’une atteinte directe à l’État de droit. Pour les républicains modérés, d’un précédent dangereux : un président qui protège ses alliés pour des actes visant à saper un scrutin démocratique met en péril la confiance dans les institutions. Quant à Trump, il assume pleinement. Il présente ces grâces comme la réparation d’une « injustice » et une preuve de sa « détermination à défendre les Américains oubliés ». Derrière le vernis de la réconciliation, cette décision consacre un glissement : celui d’un pays où le pouvoir politique prétend désormais décider lui-même de la vérité historique. En réécrivant la mémoire de 2020, Trump installe une nouvelle norme : celle d’une démocratie où contester les règles devient un acte de courage, et où la loyauté envers le chef efface la faute.

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