Le nouveau budget n’est pas seulement un texte économique : c’est un manifeste idéologique. Construit sur la haine du succès et la suspicion envers ceux qui créent de la richesse, il traduit une obsession française devenue pavlovienne : attaquer les riches. C’est l’ennemi parfait, la cible commode, celle qui permet à la fois de détourner la colère sociale et d’éviter les vraies réformes. En flattant les bas instincts, on s’épargne la complexité. Deux partis s’y distinguent avec un zèle particulier : la France Insoumise et le Rassemblement National. Deux visages d’un même populisme, deux manières différentes de mordre la main qui nourrit.
La France Insoumise : cohérente dans son absurdité
Chez les Insoumis, la logique est limpide : tout découle du catéchisme marxiste. Dans cette lecture, le capitaliste vole la valeur ajoutée, l’entrepreneur exploite, le profit opprime. Ainsi, il est cohérent pour eux de vouloir punir celui qui crée, car il serait par essence coupable. Mais cette cohérence théorique se fracasse sur la réalité. Sans capital, pas d’investissement. Sans entreprise, pas d’emploi. Sans emploi, pas d’impôt. Et sans impôt, pas de fonction publique. Les fonctionnaires qui applaudissent ces discours oublient souvent que leur rémunération dépend directement de la vitalité de ceux qu’on cherche à matraquer. La France Insoumise veut une économie sans capitalistes, comme on voudrait une agriculture sans agriculteurs. Ce n’est plus une politique : c’est une fable.
Le Rassemblement National : la faute stratégique
Le cas du Rassemblement National est plus troublant encore. Le RN n’a pas de racines marxistes. Pourtant, il s’engage aujourd’hui sur le même terrain, croyant habile de flatter un électorat populaire encore imprégné de réflexes de lutte des classes. C’est une faute politique majeure. Car l’attrait du RN ne repose pas sur la question économique, mais sur la promesse d’autorité, d’ordre et de sécurité. Son électorat le suit pour des raisons identitaires et souverainistes, non pour une croisade contre la réussite. Réactiver le vieux discours anti-riches, c’est fracturer son propre camp : d’un côté, les nostalgiques du protectionnisme social ; de l’autre, les libéraux attachés à l’entreprise et à la réussite individuelle. Or, c’est ce dernier bloc, celui des indépendants, cadres, entrepreneurs, professions libérales, qui pourrait lui offrir la victoire. À force de singer Mélenchon, le RN se tire une balle dans le pied.
La France contre ses créateurs
Il est frappant de constater qu’au moment où des pays entiers se réindustrialisent, où les États-Unis, l’Italie, l’Argentine ou la Hongrie encouragent l’esprit d’entreprise, la France, elle, s’acharne à le décourager. Ce n’est plus seulement une erreur économique, c’est une faute morale. Car en s’en prenant aux forces productives, on ne punit pas les riches : on appauvrit tout le monde. Derrière chaque « riche » qu’on veut tondre, il y a une PME, des emplois, des salaires, des impôts, des projets. Mais le populisme, lui, ne voit pas de chaînes de valeur, seulement des boucs émissaires. Il ne bâtit pas de prospérité, il distribue des haines. Et la France, en s’enfermant dans cette logique, devient peu à peu un pays où l’on célèbre la plainte plutôt que l’effort, la jalousie plutôt que le mérite. C’est ainsi qu’on éteint une nation.









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LE VIDE.