Quand ils quittent la Californie, tous ne s’envolent pas vers le Texas ou la Floride. Une partie d’entre eux prend simplement la route du désert, direction Lake Havasu City, petite ville d’Arizona posée sur les rives du Colorado. Vu de loin, on dirait un simple chapelet de maisons et de palmiers coincé entre le lac et les montagnes ocres. Vu de près, c’est un vrai plan B pour ceux qui veulent garder le soleil… mais pas l’impôt ni les prix délirants des grandes métropoles californiennes. Ici, les maisons restent nettement plus abordables que sur la côte pacifique et la facture fiscale est tout autre : impôt sur le revenu léger, charges foncières raisonnables, pas de fiscalité punitive sur la transmission. Pour un ménage venu de Los Angeles ou de San Diego, le même niveau de vie coûte soudain beaucoup moins cher, tout en restant à quelques heures de voiture de la famille, du business et de l’océan. Surtout, Lake Havasu City ne se vend pas seulement sur les chiffres. Le cœur de la ville, c’est le lac : une longue étendue d’eau turquoise où se croisent bateaux, jet-skis, pêcheurs et paddles, bordée de plages, de campings et de parcs d’État. Au milieu trône le London Bridge, authentique pont anglais remonté ici pierre par pierre, qui donne au paysage un côté carte postale improbable. Autour, le désert et les reliefs offrent des kilomètres de pistes pour la randonnée, le VTT ou le 4×4, avec des hivers en tee-shirt et un ciel bleu presque toute l’année. Lake Havasu City commence à être connue et les prix grimpent, mais l’esprit du lieu est encore celui d’une “station de vacances où l’on vit à l’année”. Pour beaucoup de Californiens, c’est exactement ce qu’ils cherchaient sans oser le dire : un coin de lac et de désert où le coût de la vie redevient supportable, où l’on peut sortir son bateau après le travail, et où l’État vient un peu moins fouiller dans le portefeuille. Une sorte de Californie parallèle, plus simple, plus légère, encore assez discrète pour qu’on la surnomme un paradis caché.
Quel est le refuge secret dont rêvent les exilés de Californie ?








