Le 20 novembre 2025, l’UK Covid-19 Inquiry a rendu son deuxième rapport consacré aux décisions centrales prises face à la Covid-19, en détaillant notamment le calendrier du confinement au Royaume-Uni et ses conséquences en termes de décès. Ce rapport sur la gouvernance de la pandémie estime que le confinement national, imposé en Angleterre le 23 mars 2020 alors que des mesures conseillées existaient depuis le 16 mars, est intervenu trop tard et a entraîné des décès supplémentaires évitables.
Un confinement tardif au Royaume-Uni au cœur de la gestion de la Covid-19
Selon l’enquête officielle, les gouvernements du Royaume-Uni ont réagi de manière « souvent » insuffisante et tardive, en particulier sur le confinement, alors même que la Covid-19 se propageait rapidement sur l’ensemble du territoire. Les rapporteurs estiment que les dirigeants n’ont ni mesuré à temps l’ampleur de la menace, ni agi avec l’urgence nécessaire pour décider d’un confinement strict, ce qui a pesé sur la santé publique et sur le nombre de décès, d’après le rapport « Core UK decision-making and political governance » publié par l’UK Covid-19 Inquiry le 20 novembre 2025.
Dans ce document, il est rappelé qu’en Angleterre des conseils de confinement individuel, comme la distanciation et l’auto-isolement, ont été formulés dès le 16 mars 2020, mais qu’un confinement national obligatoire n’a été décrété que le 23 mars, soit une semaine plus tard, alors que les cas de Covid-19 augmentaient fortement dans tout le Royaume-Uni. Ce décalage de calendrier de confinement est qualifié de manquement majeur, car il est au centre des critiques adressées à la gestion politique de la pandémie et il est directement associé à un excès de décès.
Confinement et décès évitables : ce que révèle la modélisation de l’enquête sur la pandémie
La partie la plus sensible du rapport concerne la quantification des effets d’un confinement plus précoce sur les décès liés à la Covid-19 au Royaume-Uni. La modélisation présentée par l’UK Covid-19 Inquiry estime qu’en Angleterre un confinement obligatoire instauré le 16 mars 2020, ou immédiatement après, aurait conduit à environ 23 000 décès de moins au cours de la première vague, jusqu’au 1er juillet 2020, selon les calculs rendus publics le 20 novembre 2025 par l’enquête.
Ce chiffre de 23 000 décès évitables correspond à environ 48 % des morts de la première vague en Angleterre, ce qui illustre l’ampleur de l’impact d’un confinement retardé sur la mortalité liée à la Covid-19. Un confinement déclenché une semaine plus tôt aurait pu presque diviser par deux les décès de la première phase de la pandémie.
Confinement, « mois perdu » et culture gouvernementale durant la pandémie de Covid-19
Le rapport décrit également le mois de février 2020 comme un « mois perdu » pour le confinement et plus largement pour la réponse à la Covid-19 au Royaume-Uni. Pendant cette période, l’enquête juge que l’urgence sanitaire n’a pas été pleinement comprise, alors que les signaux d’alerte se multipliaient et qu’un débat sur un éventuel confinement aurait pu être engagé plus tôt, d’après la synthèse du Guardian.
Les rapporteurs pointent en outre une « culture toxique et chaotique » au centre du gouvernement, qui aurait freiné la capacité à décider rapidement d’un confinement strict face à la Covid-19. Selon Reuters, l’enquête conclut que l’ancien Premier ministre Boris Johnson a supervisé une réponse marquée par des hésitations et des tensions internes, ce qui a contribué à retarder la mise en œuvre du confinement.
Au-delà de l’effet spécifique du retard de confinement estimé à 23 000 décès, l’enquête s’inscrit dans un bilan général de la pandémie au Royaume-Uni. Reuters rappelle ainsi que le pays a enregistré plus de 230 000 décès liés à la Covid-19, avec un taux de mortalité comparable à celui des États-Unis et de l’Italie mais supérieur à celui de nombreux autres pays d’Europe occidentale,.
Les acteurs du système de santé, eux aussi, relient l’intensité de la pression sur les hôpitaux à la temporalité du confinement lors de la pandémie. Un article de Healthcare Management UK souligne que des représentants du secteur estiment que le choix d’agir tardivement par un confinement strict a aggravé la saturation du NHS, entraînant une charge de travail inédite pour le personnel soignant.








