Los Angeles n’aura pas de réponses de sitôt. Le corps de Celeste Rivas Hernandez, 14 ans, retrouvé en septembre dans le coffre d’une Tesla appartenant au rappeur d4vd, aurait pu déclencher une enquête menée à ciel ouvert. Il aura surtout déclenché le silence. D4vd, de son vrai nom David Anthony Burke, 20 ans, star fulgurante des réseaux, s’est fait connaître en 2022 grâce à deux ballades mélancoliques devenues virales, « Romantic Homicide » et « Here With Me », hymnes adolescents qui ont envahi TikTok avant de l’amener chez Interscope Records. Cette célébrité soudaine, nourrie par son image de gamin autodidacte parti de rien, un joueur de Fortnite qui fabriquait ses propres musiques pour éviter les problèmes de copyright, rend d’autant plus explosive la découverte du corps dans un véhicule immatriculé à son nom. Depuis, la ville retient son souffle, mais les autorités ne disent presque rien. Le 24 novembre, un juge du comté a accepté la demande du LAPD de placer sous scellés l’autopsie et les rapports du médecin légiste, au nom de « l’intégrité de l’enquête ». Une formule passe-partout, devenue depuis longtemps le réflexe institutionnel de Los Angeles pour refermer les rideaux dès que l’affaire menace de trop éclairer les coulisses. À ce jour, la police se contente de reconnaître une enquête pour meurtre, sans détail sur la chronologie, sans explication sur la présence du corps, sans commentaire sur le rôle éventuel du chanteur, qui venait tout juste de sortir son premier album studio « Withered » en 2025 et d’achever une tournée internationale. C’est peu, trop peu, pour une affaire où la victime était mineure et où l’un des protagonistes est devenu en quelques mois une icône générationnelle. Même le directeur du bureau du coroner, Odey Ukpo, a exprimé son malaise face à cette opacité, rappelant qu’il lutte depuis des années contre la tentation des forces de l’ordre de bloquer les dossiers à la moindre sensibilité médiatique. En vain. Les documents sont désormais sous scellés, sans horizon de publication. Dans une ville où la transparence institutionnelle reste souvent un slogan plus qu’un principe, cette fermeture nourrit les soupçons, attise les spéculations et laisse la famille de Celeste dans un silence difficilement supportable. Une adolescente morte, un artiste starifié par l’algorithme en arrière-plan, une police qui verrouille, une justice qui suit. Los Angeles a déjà joué ce scénario trop de fois. Et comme souvent ici, l’ombre pèse davantage que les faits.
Mort de Celeste Rivas Hernandez : l’ombre du rappeur d4vd et une justice qui verrouille








