L’anticapitalisme à jetons : ces élus parisiens qui se gavent de jetons de présence pour près de 100 000 €

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À Paris, on recycle tout. Les déchets, les slogans, les indignations. Même l’anticapitalisme est en économie circulaire. On dénonce les riches le matin, on encaisse des jetons l’après-midi, et le soir on tweete de nouveau sur les inégalités. Dans sa belle voiture de fonction électrique bien entendu, on peste contre le capitalisme avec plein de jetons de présence se traduisant par de coquettes sommes sur son compte personnel. A Paris après l’affaire des notes de frais d’Anne Hidalgo qui donne lieu à une enquête du Parquet National Financier, l’affaire des notes de frais du Maire du 18e, voici comment servir et se servir légalement avec des jetons d présence.

Le problème, soyons clairs, n’est pas l’indemnité d’élu. Elle est publique, connue, encadrée, assumée. Non, le vrai bijou de la gouvernance parisienne, la petite truffe bien cachée sous la feuille de chêne idéologique, ce sont les jetons de présence. Ces délicieuses oboles dénoncée par Paul Hatte dans un discours très intéressant, lui aussi conseiller de paris, que l’on touche quand on préside une société, un syndicat, un machin qui dépend de la Ville. De l’argent public, mais discret. Prenons quelques exemples, au hasard, évidemment. Monsieur Lejouindre du Parti Socialiste, maire du 18e arrondissement, cumule environ 90 948 euros par an. Ce maire avait déjà été épinglé avec des remboursements de frais hors norme de 35 000 € dont 6000 € de pressing. Madame Maquoi, écologiste d’EELV, perçoit 73 500 euros. La planète va mal, mais le compte courant se porte plutôt bien. Les riches polluent mais l’argent venant des jetons d présence n’a pas d’odeur.  Madame Laurence Patrice, du Parti communiste français, préside l’hémicycle et encaisse 90 640 euros. Le prolétariat est fatigué, mais il peut attendre. C’est mieux de se prévaloir de celui ci alors que ses revenus propres font de vous une bourgeoise. Et puis il y a les poids lourds. Monsieur David Béliard, de EELV, grand pourfendeur des ultra-riches suicidant la planète, culmine à 90 867 euros bruts annuels. Monsieur Bonnet-Houlaldj des verts franchit la barre symbolique des 100 300 euros. La révolution, oui, mais avec prime. Enfin, Madame Alexandra Cordebar du Parti Socialiste atteint 102 120 euros. À ce niveau-là, on est une bourgeoise privilégié. Pas étonnant qu’à ces tarifs on s’accroche à son siège. Rappelons un point essentiel : en France, selon les critères qu’affectionnent précisément ces élus, un “riche”, c’est quelqu’un qui gagne environ 65 000 euros bruts par an. Les “très hauts revenus”, c’est 90 000 ou 100 000 euros. Autrement dit, ceux qui passent leur temps à expliquer que les riches polluent trop, consomment trop, prennent trop de place, sont exactement dans la tranche qu’ils dénoncent. Mais rassurez-vous, ce n’est pas pareil. Eux, c’est pour la bonne cause. Le plus savoureux, dans cette affaire, ce n’est même pas le montant. C’est l’absence totale de renoncement. Pas un geste. Pas une posture. Pas même une petite annonce : « Par cohérence idéologique, je renonce à mes jetons de présence ». Même un élu s’en prend à Paul Hatte pour avoir rendu transparent l’opacité de ces rémunérations en jetons de présence. Allant même le traiter de populiste. Pourquoi? Pour avoir dit la vérité? Si le peuple sait ce n’est pas bien? Bref, un peu comme si tout le monde croquait et que ce n’était pas bien de « balancer? ». Le capitalisme est un fléau… tant qu’il ne vous sert pas à vous enrichir. Dès qu’il verse, il devient un outil de transformation sociale. À Paris, on a donc inventé un nouveau concept politique : l’anticapitalisme rémunéré. On combat l’argent, mais seulement celui des autres, l’argent public. On vilipende les riches, sauf quand le riche, c’est soi-même. On explique que la redistribution a échoué, mais manifestement pas pour tout le monde. C’est bien d’avoir le coeur à gauche et le portefeuille (plein) à droite.

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