Il existe une démagogie naïve, fondée sur l’ignorance. Et puis il existe une démagogie autrement plus redoutable : celle qui sait parfaitement ce qu’elle fait. Amélie Montchalin n’appartiendrait elle pas s à la seconde catégorie? C’est la question que l’on peu se poser lorsque l’on regarde son profil et son obsession pour les holdings. Diplômée d’HEC, issue de la droite libérale, entourée de profils parfaitement au fait des mécanismes économiques et financiers, elle ne peut ignorer ce qu’est une holding, ni à quoi elle sert réellement. Lorsqu’elle feint le contraire, ce n’est pas une erreur : c’est un calcul.
La fausse naïveté comme méthode politique
Amélie Montchalin n’est ni une militante improvisée ni une idéologue approximative. Elle a été formée dans les meilleures écoles, a évolué dans des cercles où la réalité économique n’est pas un slogan mais une pratique quotidienne, et vit au contact direct de professionnels de l’investissement et de la structuration d’entreprises comme son mari Guillaume de Montchalin qui est partner chez Eurazeo. Elle sait donc parfaitement qu’une holding n’est ni un outil de fraude fiscale ni une machine à évasion, mais un instrument de gouvernance, de financement, de transmission et de développement entrepreneurial. Elle sait qu’il s’agit d’un outil de management rationnel, utilisé par des milliers de PME, d’ETI et de groupes familiaux pour investir, embaucher, consolider et survivre dans un environnement fiscal et réglementaire asphyxiant et instable. Lorsqu’elle laisse entendre le contraire, ce n’est pas une méconnaissance : c’est une falsification volontaire du réel, une mise en scène pédagogique destinée à fabriquer un ennemi commode.
Budgéter par le mensonge, diviser par la caricature
L’objectif immédiat est transparent : trouver des recettes à court terme pour un État en faillite structurelle. Sur le papier, l’intention peut paraître « responsable ». Dans les faits, elle repose sur une stratégie dangereuse : raconter des contre-vérités pour faire passer une mesure fiscalement rentable mais économiquement destructrice. En présentant la holding comme un privilège abusif, on alimente un ressentiment artificiel, on oppose les Français entre eux, on désigne l’entrepreneur comme bouc émissaire commode. C’est une mécanique ancienne, usée, mais toujours efficace : transformer un outil de production en symbole d’injustice, puis fiscaliser ce symbole sous les applaudissements de ceux à qui l’on a soigneusement évité d’expliquer les conséquences réelles. Car une fiscalité punitive sur les holdings ne touche pas une élite fantasmée : elle frappe l’investissement, la transmission, l’emploi et, in fine, la base fiscale elle-même.
Le cynisme politicien comme horizon
Le second objectif est plus petit, plus mesquin, assez dérisoire, mais tout aussi déterminant : la survie d’un pouvoir sans majorité réelle. Emmanuel Macron ne veut ni cohabitation ni dissolution, parce qu’il sait qu’une dissolution serait perdue. Il faut donc acheter la paix parlementaire, envoyer des signaux à gauche, occuper le terrain idéologique de l’adversaire, quitte à renier ses propres origines politiques. Peu importe qu’Amélie Montchalin ait été issue de l’UMP, peu importe qu’elle sache pertinemment ce qu’elle raconte : la priorité est de tenir, de durer, de gouverner par la manœuvre plutôt que par la vérité. Nous sommes ici au cœur de la démagogie au sens classique du terme : flatter les passions, simplifier à outrance, mentir sciemment pour obtenir un avantage politicien immédiat. C’est la maladie chronique des démocraties fatiguées : quand le discours cesse d’éclairer le réel pour le travestir, quand l’ironie devient amère parce que le cynisme n’est même plus dissimulé, et quand ceux qui savent mentent précisément parce qu’ils savent.
Dans la série des portraits politiques:








