Ukraine : le FMI accorde un nouveau prêt de 6,9 milliards d’euros en pleine guerre

Le Fonds monétaire international a validé, le 26 février 2026, un nouveau programme d’aide à l’Ukraine équivalant à près de 6,9 milliards d’euros sur quatre ans, avec un premier décaissement immédiat d’environ 1,3 milliard d’euros.

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Le conseil d’administration du FMI a approuvé un accord au titre de la Facilité élargie de crédit (EFF) représentant 8,1 milliards de dollars, soit environ 6,9 milliards d’euros, avec un premier versement de 1,5 milliard de dollars (environ 1,3 milliard d’euros) immédiatement disponible, selon le communiqué officiel publié le 26 février 2026 par le FMI.

Ukraine : un prêt pour éviter une crise de financement

La raison principale est explicite. Dans son communiqué du 26 février 2026, le FMI explique que la guerre menée par la Russie se poursuit et qu’il ne restait pas suffisamment de temps dans le programme précédent de 2023 pour restaurer la viabilité extérieure du pays. L’Ukraine a donc demandé un nouvel accord, et l’ancien programme a été annulé.

Concrètement, le pays fait face à un problème de balance des paiements. Les dépenses militaires demeurent élevées. Les infrastructures sont endommagées. Les recettes fiscales restent sous pression. Le FMI estime qu’un écart de financement de 52 milliards de dollars est attendu pour 2026, soit environ 44 milliards d’euros. Ce chiffre résume l’enjeu : sans soutien extérieur structuré, le risque serait une crise de liquidité, une pression sur la monnaie et un affaiblissement du système bancaire. Le prêt du FMI sert donc de pare-feu financier.

Un programme FMI pour stabiliser l’économie ukrainienne

Le Fonds ne parle pas uniquement d’urgence. Il insiste sur la stabilité macroéconomique. « Les objectifs généraux du nouveau programme sont de continuer à ancrer la stabilité économique et financière, de rétablir la viabilité de la dette en regardant vers l’avenir (…) et de faire progresser les réformes qui jetteront les bases d’une reprise solide après la guerre », indique le FMI, cité par Le Parisien. La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, souligne de son côté que « l’Ukraine et sa population ont traversé plus de quatre ans de guerre longue et dévastatrice avec une résilience remarquable », selon le communiqué.

Dans son rapport-pays publié le même jour, le FMI estime que le PIB réel de l’Ukraine en 2025 reste environ 20 % en dessous de son niveau d’avant-guerre. La croissance projetée est modeste : entre 1,8 % et 2,2 % en 2025, puis entre 1,8 % et 2,5 % en 2026. Dans ces conditions, la dette publique continuerait d’augmenter, atteignant 108,7 % du PIB en 2025 puis 122,6 % du PIB en 2026, d’après les projections du FMI. La question n’est donc pas seulement de financer le présent, mais d’éviter une spirale d’endettement incontrôlée.

Ukraine et réformes : la condition du prêt du FMI

Un prêt du FMI s’accompagne toujours de conditions. L’institution met en avant une politique budgétaire « prudente », un budget 2026 jugé « solide » et la nécessité d’accroître la mobilisation des recettes fiscales. Le Fonds insiste également sur la stabilité des prix, une plus grande flexibilité du taux de change et la solidité du secteur financier. L’objectif est double : maintenir la confiance des investisseurs et sécuriser les partenaires internationaux.

En réalité, le programme du FMI joue un rôle d’architecte. Le Fonds évoque un paquet de soutien international total de 136,5 milliards de dollars, soit environ 115 milliards d’euros, auquel son prêt contribue. Sans ce cadre, l’aide bilatérale et européenne serait plus difficile à coordonner.

Le calendrier des décaissements montre d’ailleurs que le soutien sera progressif : la Banque nationale d’Ukraine précise que quatre versements sont prévus en 2026, pour un total d’environ 3,8 milliards de dollars.

Ukraine : un prêt pour tenir aujourd’hui et préparer l’après-guerre

Le FMI ne présente pas son intervention comme un simple secours ponctuel. Il parle de rétablir la soutenabilité de la dette « sur une base tournée vers l’avenir », en tenant compte de scénarios économiques différents liés à l’évolution du conflit. Autrement dit, le prêt vise trois objectifs simultanés : éviter la crise immédiate, stabiliser l’économie en temps de guerre, et préparer les fondations de la reconstruction. Dans un contexte où le PIB reste amputé de 20 % par rapport à l’avant-guerre et où la dette dépasse déjà les 100 % du PIB, le FMI considère que l’Ukraine ne peut pas se financer seule à des conditions soutenables.

Le nouveau programme n’est donc pas un signal d’alarme supplémentaire. C’est un instrument de stabilisation, destiné à maintenir la solvabilité du pays tant que l’environnement militaire et géopolitique demeure incertain.

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