Les États modernes ont progressivement élargi leur champ d’action. Protection sociale, régulation économique, politiques industrielles, transition écologique : les domaines d’intervention publique se sont multipliés au fil des décennies. Mais cette expansion pose une question de plus en plus débattue : un État peut-il être efficace lorsqu’il intervient partout ? C’est l’un des fils directeurs du livre Le grand-père et le président de Xavier Fontanet.
L’expansion continue de la sphère publique
Depuis les années 1970, la plupart des économies développées ont vu la part de la dépense publique augmenter. Cette évolution s’explique par plusieurs facteurs : développement des systèmes de protection sociale, vieillissement démographique, complexification des politiques publiques, multiplication des dispositifs d’aide économique. Dans certains pays, la sphère publique représente aujourd’hui plus de la moitié de l’activité économique.
Un risque de dispersion
Le problème n’est pas seulement budgétaire. Lorsque l’État intervient dans un nombre croissant de domaines, il risque également de disperser ses capacités d’action. Or certaines missions restent irremplaçables : justice, sécurité, diplomatie, défense, régulation des grandes infrastructures. Si ces fonctions régaliennes se fragilisent, c’est l’ensemble du système politique qui peut être déstabilisé.
Le retour du régalien
Les tensions géopolitiques récentes ont remis ces questions au centre du débat. La guerre en Ukraine, les rivalités technologiques entre grandes puissances ou les tensions commerciales internationales rappellent que la puissance publique conserve un rôle stratégique fondamental. Dans ce contexte, plusieurs pays européens réévaluent leurs priorités budgétaires.
Repenser le rôle de l’État
La réflexion proposée dans Le grand-père et le président ne consiste pas à affaiblir l’État. Elle pose plutôt une question d’équilibre : comment répartir les responsabilités entre la puissance publique, l’économie et la société civile ? Trouver cet équilibre constitue l’un des défis majeurs des démocraties contemporaines.








