Récession américaine : le choc pétrolier inquiète les économistes

La récession aux États-Unis gagne du terrain dans les scénarios économiques. Alors que les fragilités internes s’accumulaient déjà, la guerre au Moyen-Orient agit désormais comme un catalyseur brutal. Selon Moody’s, le choc énergétique en cours pourrait précipiter l’économie américaine dans une phase de contraction plus rapide et plus profonde qu’anticipé.

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Récession américaine : le choc pétrolier inquiète les économistes
Récession américaine : le choc pétrolier inquiète les économistes © www.nlto.fr

Le 18 mars 2026, Moody’s Analytics a tiré la sonnette d’alarme sur le risque de récession aux États-Unis : la récession s’impose progressivement comme une perspective crédible, car les tensions géopolitiques s’ajoutent à une dégradation déjà visible des indicateurs économiques américains.

Une récession aux États-Unis nourrie par des signaux économiques dégradés

Avant même l’escalade militaire au Moyen-Orient, la récession constituait déjà un scénario préoccupant pour les États-Unis. En effet, Moody’s estimait à 49 % la probabilité d’une récession dans les douze prochains mois, rappelle Euronews. Ce niveau élevé traduisait déjà une économie fragilisée, notamment par un ralentissement progressif de l’activité et une perte de dynamisme.

Les données récentes confirment cette tendance : la croissance du produit intérieur brut s’est limitée à 0,7 % au quatrième trimestre 2025, selon Barron’s. De plus, environ 92 000 emplois ont été supprimés en février 2026, ce qui accentue les tensions sur le marché du travail. Dans ce contexte, Mark Zandi, économiste en chef de Moody’s, souligne que « derrière la hausse récente se trouvent principalement la faiblesse des chiffres du marché du travail, mais presque tous les indicateurs économiques se sont affaiblis depuis la fin de l’an dernier ». La récession apparaît alors comme une conséquence logique de ces déséquilibres accumulés.

Le choc énergétique amplifie la récession aux États-Unis

La récession aux États-Unis prend une nouvelle dimension avec la guerre au Moyen-Orient. La flambée des prix du pétrole, liée aux tensions géopolitiques et aux perturbations du détroit d’Ormuz, renchérit fortement les coûts pour les entreprises et les ménages. Par conséquent, la consommation ralentit et les marges des entreprises se contractent, ce qui freine l’ensemble de l’économie.

Dans ce contexte, Moody’s estime que la probabilité de récession pourrait désormais dépasser 50 %. Le prix de l’essence a atteint environ 3,63 dollars par gallon, soit près de 0,90 euro par litre, selon Business Insider. Dès lors, la pression inflationniste s’intensifie, ce qui pèse directement sur le pouvoir d’achat des ménages américains. Ainsi, Mark Zandi avertit que « une récession sera difficile à éviter si les prix du pétrole restent élevés pendant quelques semaines », rapporte MarketWatch.

L’histoire économique renforce ces inquiétudes, puisque presque toutes les récessions américaines depuis la Seconde Guerre mondiale ont été précédées d’un choc pétrolier, et la situation actuelle rappelle des épisodes passés particulièrement défavorables.

Une récession désormais au cœur des scénarios pour les États-Unis

La récession devient donc progressivement le scénario central pour les États-Unis : la combinaison d’un marché du travail fragilisé et d’un choc énergétique majeur crée un environnement économique particulièrement instable. De plus, les modèles de Moody’s, fondés sur l’intelligence artificielle et réputés fiables, confirment cette dégradation rapide des perspectives.

Les tensions géopolitiques continuent d’alimenter les incertitudes économiques. Les perturbations du détroit d’Ormuz, axe stratégique pour le commerce mondial, accentuent les risques sur les chaînes d’approvisionnement et sur la croissance globale, d’après l’analyse de Phemex. Dans ce contexte, Mark Zandi estime que « la probabilité d’une récession est devenue inconfortablement élevée ». La récession s’impose alors comme une issue de plus en plus probable pour l’économie américaine.

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