Iran : exécution de trois manifestants iraniens, dont le champion de lutte Saleh Mohammadi

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L’exécution de trois manifestants iraniens, dont le champion de lutte Saleh Mohammadi, marque un tournant brutal dans la stratégie du régime. Loin d’être un fait isolé, cet événement s’inscrit dans une séquence de trois années où la contestation populaire s’est heurtée à une répression de plus en plus structurée, jusqu’à l’usage assumé de la peine de mort comme instrument politique.

Une contestation devenue existentielle pour le régime
Depuis plusieurs années, l’Iran traverse une crise profonde, à la fois économique, sociale et politique. Inflation, sanctions internationales et perte de confiance dans les institutions ont progressivement nourri un climat de défiance. Mais à partir de 2024, puis surtout en 2025, un cap est franchi : les manifestations ne se limitent plus à des revendications sociales, elles visent désormais directement le pouvoir. Cette évolution change radicalement la nature du rapport de force. Le régime ne fait plus face à une contestation ponctuelle, mais à une remise en cause structurelle de sa légitimité. Dans ce contexte, toute manifestation devient une menace stratégique. La réponse des autorités s’inscrit alors dans une logique bien connue : contenir rapidement, empêcher la contagion, et surtout éviter toute cristallisation d’un mouvement national capable de déstabiliser le pouvoir.

Janvier 2026 : la bascule dans la violence de masse
Le mois de janvier 2026 constitue un point de rupture. Les manifestations prennent une ampleur inédite et s’étendent à de nombreuses villes. Face à cette dynamique, le régime opte pour une réponse radicale. Les forces de sécurité sont déployées massivement, les tirs à balles réelles se multiplient et les arrestations deviennent systématiques. Des dizaines de milliers de manifestants sont tués. Des milliers de personnes sont interpellées en quelques jours, dans une logique de neutralisation préventive. Cette phase se distingue également par l’accélération judiciaire : les procès se tiennent à grande vitesse, souvent sans garanties procédurales solides. C’est à ce moment que la qualification d’« inimitié envers Dieu » est largement utilisée, permettant de transformer des actes de contestation en crimes passibles de la peine capitale. Le pouvoir ne cherche plus seulement à réprimer, mais à dissuader durablement.

Mars 2026 : la peine de mort comme message politique
L’exécution de trois manifestants, arrêtés après les protestations de janvier, s’inscrit dans cette logique. Parmi eux, Saleh Mohammadi, jeune champion de lutte, dont le profil donne une dimension symbolique à l’événement. Le message est clair : aucun statut, aucune notoriété ne protège face à la raison d’État. Au-delà des accusations officielles, les conditions des procès et les témoignages d’ONG alimentent de fortes critiques sur le respect des droits fondamentaux. Mais pour le régime, l’enjeu dépasse le cadre judiciaire. Il s’agit d’imposer un signal de fermeté absolue, de restaurer la peur comme outil de contrôle social et de prévenir toute nouvelle vague de contestation. En trois ans, la logique s’est durcie : d’une gestion policière des manifestations, le pouvoir est passé à une stratégie de terreur judiciaire assumée.


L’Iran n’est pas face à une crise ponctuelle, mais à une dynamique de confrontation prolongée entre une société en quête de transformation et un régime déterminé à se maintenir. En choisissant la radicalité, notamment par l’usage de la peine de mort, le pouvoir parie sur la dissuasion. Mais ce choix comporte un risque majeur : transformer la répression en moteur de contestation future, et faire de chaque exécution un symbole durable d’opposition.

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