Une fillette de 11 ans a perdu la vie. Comme après chaque drame, les responsables politiques expriment leur émotion, promettent des mesures et assurent que toute la lumière sera faite. Mais derrière l’émotion légitime se cache une question autrement plus dérangeante : combien de victimes supplémentaires faudra-t-il avant que ceux qui gouvernent ou influencent les choix politiques de la France assument enfin leur part de responsabilité dans le désarmement progressif de l’État ?
Les responsables politiques ne peuvent plus se réfugier derrière l’émotion
Le premier responsable d’un crime est toujours celui qui le commet. Cette évidence ne doit jamais être oubliée. Mais lorsqu’un pays accumule les drames, les agressions, les récidives, les violences gratuites et les crimes commis par des individus qui n’auraient jamais dû être en liberté, une autre responsabilité apparaît : celle des dirigeants qui ont construit le système. Depuis des décennies, la France est gouvernée par des responsables politiques qui ont progressivement abandonné les missions fondamentales de l’État. À droite comme à gauche, au gouvernement comme dans l’opposition, chacun a contribué à sa manière à affaiblir l’autorité publique.
Les uns ont préféré acheter la paix sociale et les voix des électeurs à coups de dépenses publiques toujours plus importantes. Les autres ont systématiquement réclamé davantage d’aides, davantage de prestations et toujours moins de sanctions. Les premiers ont financé la démagogie. Les seconds l’ont théorisée. Ensemble, ils ont contribué à construire un système qui protège davantage les délinquants que les citoyens honnêtes.
L’argent existe, mais il n’est pas affecté aux priorités essentielles
La France n’est pas un pays pauvre. Elle est même l’un des pays du monde où la dépense publique est la plus élevée. Chaque année, l’État, les collectivités locales et la protection sociale dépensent plus de 1 600 milliards d’euros. Le problème n’est donc pas l’absence de moyens. Le problème est celui des priorités.
Pendant que les aides personnalisées au logement représentent près de 20 milliards d’euros par an et que les dépenses sociales atteignent des niveaux records, la justice continue de fonctionner avec 10,7 milliards soit 0,6% des dépenses publiques. Vous avez bien lu: lorsque vous payez vos impôts 0,6 % part pour la justice. De facto, es tribunaux sont engorgés. Les procédures s’allongent. Les prisons débordent. Les peines sont aménagées ou exécutées avec retard car on a pas de place. Il est urgent de construire des prisons. Urgent mais ce ne fait pas élire, il est plus facile de proposer des aides sociales. Alors on ne construit pas et on laisse des criminels dehors.
Chaque budget est un choix politique. Chaque euro dépensé traduit une hiérarchie des priorités. Depuis des décennies, les gouvernements successifs ont choisi la redistribution plutôt que le régalien. Or la première mission d’un État n’est pas de distribuer des prestations. Sa première mission est de protéger les citoyens.
Une justice faible produit davantage de victimes
Le débat public se concentre souvent sur le nombre de policiers ou de gendarmes. C’est une erreur. On pourrait recruter des dizaines de milliers de policiers supplémentaires que le problème demeurerait entier si la justice n’est pas capable d’écarter durablement les individus dangereux de la société. Combien de policiers mobilisés pour interpeller les mêmes individus dix, vingt ou trente fois ? Combien d’heures d’enquête perdues à recommencer sans cesse le même travail ? Combien de procédures qui se terminent par des sanctions insuffisantes ou inappliquées ?
Un individu condamné à moins de 2 ans de prison ferme (ce n’est pour des vols de bonbons) ne passe pas une nuit en prison (Sauf s’il est chef d’entreprise ou notaire). La justice condamne à des peines inaudibles. Le rôle dissuasif de la peine n’est plus qu’une abstraction. Et puis il y a ces magistrats de gauche qui pardonnent tout à des coupables qu’ils voient comme des victimes d’un système économique.
Lorsqu’un délinquant multirécidiviste reste libre, il continue à commettre des infractions. Lorsqu’il est incarcéré, il ne vole pas, n’agresse pas et ne terrorise pas les habitants de son quartier. La réalité est brutale mais simple : l’impunité produit mécaniquement davantage de victimes.
Partout où la sanction est revenue, la sécurité est revenue
Pendant des années, une partie de la classe politique a expliqué que la fermeté ne fonctionnait pas. Les faits démontrent pourtant exactement l’inverse. À New York, sous Giuliani, la lutte contre la délinquance quotidienne et l’application stricte de la loi ont profondément transformé la ville. À Singapour, la certitude de la sanction contribue à un niveau de sécurité parmi les plus élevés du monde. Au Salvador, le président Bukele a mené une politique de répression massive des gangs qui a permis de faire reculer de façon spectaculaire la criminalité, alors que le pays était autrefois considéré comme l’un des plus dangereux du monde.
Les contextes sont différents, les méthodes ne sont pas toutes transposables, mais la leçon demeure : lorsqu’un État décide réellement de faire respecter la loi, les résultats apparaissent.
Il faut réarmer l’État et cesser de protéger les délinquants
Le véritable débat n’est pas de savoir comment produire davantage de discours après chaque drame. Le véritable débat consiste à savoir quelles dépenses réduire pour réinvestir massivement dans les fonctions régaliennes. Justice, police, gendarmerie, administration pénitentiaire et défense devraient redevenir les priorités absolues de la puissance publique.
Cela suppose des choix budgétaires courageux. Cela suppose également de mettre fin à une vision idéologique qui considère systématiquement le délinquant comme une victime de la société et la sanction comme un problème. Une société libre repose sur un principe simple : ceux qui respectent les règles doivent être protégés de ceux qui les violent. Aujourd’hui, trop souvent, c’est l’inverse qui se produit. Les honnêtes citoyens subissent les conséquences de lois pensées pour limiter la contrainte pesant sur les délinquants.
Le drame de Lyhanna ne doit pas être seulement un fait divers de plus. Il devrait être un avertissement. Car la question n’est plus de savoir si notre système produit de nouvelles victimes. La question est de savoir combien de victimes supplémentaires seront nécessaires avant que nos responsables politiques acceptent enfin d’en tirer les conséquences.
Il faut construire des places de prison. Il faut incarcérer les coupables d’atteinte aux personnes. Il faut expulser les détenus étranger qui représentent 25% des effectifs. Il faut mettre de courtes peines de prison aux petits délinquants pour les stopper dans leur élan. Il faut écarter définitivement les délinquants sexuels récidivistes. Il faut créer une super prison loin de la métropole, pourquoi pas dans la forêt amazonienne en Guyane, pour incarcérer les plus dangereux, les trafiquants de drogue responsable de réseaux organisés. Pas de pitié pour ceux qui pourrissent la vie des honnêtes gens. Pour cela il faudrait des responsables politiques courageux, capables de dire la vérité aux français.
À titre personnel, je suis profondément choqué de constater que notre pays consacre davantage d’argent aux aides personnalisées au logement qu’à la justice, et presque autant qu’à l’ensemble de la police et de la gendarmerie. Lorsque je paie mes impôts, j’attends d’abord de l’État qu’il assure ses missions fondamentales : protéger les citoyens, rendre la justice, garantir la sécurité du pays, soigner les malades et transmettre le savoir aux générations futures. La défense, la sécurité, la justice, la santé et l’éducation devraient constituer les priorités absolues de la dépense publique. Tout le reste ne devrait venir qu’après.









