Jordan Bardella visé par une plainte d’Anticor à un an de la Présidentielle

Jordan Bardella fait face à deux procédures judiciaires simultanées : une enquête du parquet européen sur 4,3 millions d’euros de fonds du groupe Identité et démocratie et une plainte d’Anticor pour emploi fictif en 2015. Le RN dénonce une manipulation politique à six jours du jugement en appel de Marine Le Pen.

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Jordan Bardella visé par une plainte d’Anticor à un an de la Présidentielle © www.nlto.fr

À quelques jours du jugement en appel de Marine Le Pen sur l’affaire des assistants parlementaires, programmé le 7 juillet 2026, le Rassemblement national affronte deux nouvelles procédures judiciaires visant son président, Jordan Bardella. Le parquet européen coordonne des perquisitions dans quatre pays européens pour des soupçons de détournement de 4,3 millions d’euros, tandis que l’association Anticor réclame un juge d’instruction pour enquêter sur un emploi parlementaire de 2015 et des documents potentiellement falsifiés.

Le contexte politique : convergence d’événements judiciaires

L’appel Marine Le Pen du 7 juillet 2026 : un événement clé

La cour d’appel de Paris statue dans six jours sur l’inéligibilité de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Ce délibéré intervient à un moment stratégique pour le RN, à moins d’un an de l’élection présidentielle. La convergence temporelle entre ce jugement et les nouvelles procédures visant Jordan Bardella alimente les accusations de calendrier orchestré. Le député Jean-Philippe Tanguy déclare sur BFMTV : « C’est troublant qu’à une semaine du délibéré de l’appel de Marine Le Pen, cette affaire ressurgit. » Le parti dénonce « une manipulation politique » et affirme que « les procédures judiciaires annoncent le calendrier électoral ».

Deux accusations simultanées contre la direction du RN

Jordan Bardella fait face à deux fronts distincts. D’une part, le parquet européen enquête sur l’ancien groupe Identité et démocratie (ID), où siégeait le RN entre 2019 et 2024, pour des dépenses suspectes de 4,3 millions d’euros. D’autre part, Anticor a déposé plainte en janvier 2026 contre sept personnes, dont Bardella, pour un emploi d’assistant parlementaire de quatre mois et demi en 2015 auprès de l’eurodéputé Jean-François Jalkh. Cette configuration rappelle la stratégie judiciaire qui a frappé d’autres figures politiques par le passé.

Les deux dossiers contre Jordan Bardella expliqués

L’enquête européenne sur les 4,3 millions d’euros du groupe ID

Le parquet européen, organe indépendant institué en 2021 pour lutter contre la fraude aux fonds communautaires, coordonne depuis le 30 juin 2026 des perquisitions en France, Espagne, Italie et Belgique. L’enquête vise l’usage de fonds européens par le groupe Identité et démocratie entre 2019 et 2024. Le montant soupçonné d’avoir été « indûment dépensé » atteint 4,3 millions d’euros. Les investigations ciblent notamment Paul-Alexandre Martin, principal prestataire de communication du RN. Bardella annonce sur X : « Depuis tôt ce matin, des perquisitions sont en cours aux sièges et aux domiciles personnels de prestataires de communication ayant travaillé avec nous. »

La plainte Anticor : un emploi parlementaire de 2015 remis en question

L’association anticorruption Anticor conteste la réalité du travail effectué par Jordan Bardella comme assistant parlementaire en 2015. La plainte porte sur la véracité des documents produits pour justifier son activité : un agenda et une revue de presse jugés suspects par le journaliste Tristan Berteloot, dont les investigations ont été publiées dans Libération puis Le Canard Enchaîné. Anticor réclame « des investigations approfondies » pour « mettre fin à l’impunité dont bénéficierait l’actuel eurodéputé, numéro un du RN ». Bardella n’avait pas été poursuivi dans l’affaire des emplois présumés fictifs de son parti au Parlement européen, ce qui rend cette plainte d’autant plus significative.

La riposte du Rassemblement national

Bardella dénonce une « manipulation politique »

Sur son compte X, Jordan Bardella déclare : « Dans le même temps, Le Canard enchaîné nous apprend également l’ouverture prochaine d’une information judiciaire me concernant, à la suite d’une plainte d’une association militante, à propos d’un emploi de quelques mois occupé au Parlement européen il y a bientôt douze ans. » Le président du RN insiste : « Comme à chaque fois, les procédures judiciaires annoncent le calendrier électoral. Nous n’avons rien à nous reprocher, et nous le montrerons. » Cette stratégie de défense s’inscrit dans une posture de victimisation face à ce que le parti présente comme un acharnement judiciaire, similaire aux réactions observées dans d’autres formations politiques confrontées à des scandales.

Le RN affirme n’avoir rien à se reprocher

Le Rassemblement national adopte une ligne de défense ferme. Dans un communiqué, le parti affirme : « Les procédures pénales annoncent le printemps électoral. Il s’agit de la même affaire dans laquelle Jordan Bardella n’a rien à se reprocher. Il n’a d’ailleurs pas été inquiété dans l’affaire des assistants parlementaires. Nous ne sommes pas dupes de cette manipulation. » Le timing des révélations, quelques jours avant le délibéré sur Marine Le Pen et à moins d’un an de la présidentielle, alimente la thèse d’une instrumentalisation politique. Reste que ces procédures, engagées respectivement en juillet 2025 pour l’enquête européenne et janvier 2026 pour la plainte Anticor, suivent leur cours indépendamment du calendrier électoral. La question de l’inéligibilité potentielle de Bardella, après celle de Le Pen, pourrait redessiner la hiérarchie du parti d’extrême droite français.

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