Syrie : des « tonnes de matières nucléaires » étaient cachées par le régime

Le 17 juillet 2026, le gouvernement syrien a informé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de l’existence de plusieurs tonnes de matière nucléaire dissimulées depuis des années sur un site non déclaré

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Guerre nucléaire : l’IA, nouvelle menace d’escalade incontrôlable
Syrie : des « tonnes de matières nucléaires » étaient cachées par le régime © www.nlto.fr

La Syrie a révélé à l’AIEA l’existence de plusieurs tonnes de matière nucléaire héritées du régime Assad, dissimulées sur un site non déclaré. Une transparence inédite qui ouvre la voie à un contrôle international renforcé et soulève des questions sur l’ampleur réelle du programme atomique syrien.

Des tonnes de matières nucléaires cachées par le régime syrien

Le 17 juillet 2026, le gouvernement syrien a informé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de l’existence de plusieurs tonnes de matière nucléaire dissimulées depuis des années sur un site non déclaré. Une déclaration volontaire qui marque un tournant dans la gestion de l’héritage atomique du régime déchu.

Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, s’est rendu en Syrie pour constater l’ampleur de la découverte. Lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre des Affaires étrangères syrien Asaad al-Shaibani, il a salué « la décision courageuse » du gouvernement de transition dirigé par le président Ahmed al-Sharaa. « Nous parlons de quelques tonnes de matériaux nucléaires qui auraient pu être utilisés à mauvais escient », a déclaré Grossi, précisant que les substances seront désormais placées sous garanties internationales.

Un legs empoisonné du régime Assad

Le ministre al-Shaibani a insisté sur la nature héritée de ces matières. « Dans une lettre officielle envoyée à l’agence, nous avons déclaré de notre propre initiative la présence de matériaux nucléaires sur un site non déclaré, faisant partie de l’héritage laissé par l’ancien régime », a-t-il précisé. Les évaluations techniques conduites par les autorités syriennes indiquent que les matières ne présentent pas de risque immédiat, mais leur existence même soulève des interrogations sur l’ampleur réelle du programme atomique syrien durant les décennies Assad.

Les inspecteurs de l’AIEA ont achevé la collecte d’échantillons et l’examen préliminaire sur place, rapporte Al Jazeera. Les matériaux resteront sous garde nationale syrienne, mais soumis au système de garanties de l’agence onusienne. Une coopération entre experts syriens et internationaux est prévue pour assurer le stockage sécurisé de ces substances potentiellement dangereuses.

Deir ez-Zor, retour sur un site fermé depuis 18 ans

Au-delà de la découverte du site non déclaré à Damas, la visite de Grossi a également porté sur l’installation de Deir ez-Zor, dans l’est syrien, fermée depuis 2008. Le complexe, connu sous le nom d’Al-Kibar, avait été détruit en 2007 par un raid aérien israélien top-secret, officiellement reconnu par Tel-Aviv en 2018. « Nous étions sur le site de Deir ez-Zor, où un travail très complet d’excavation et d’exploration est actuellement en cours », a expliqué le directeur de l’AIEA.

L’agence avait déclaré en 2011 que l’installation était « très probablement » un réacteur nucléaire en construction, vraisemblablement avec l’assistance de la Corée du Nord. En 2024, des inspecteurs avaient détecté des particules d’uranium sur le site lors d’une visite. Selon Pierre Razoux, directeur académique de l’Institut FMES, les matériaux retrouvés sont « très probablement liés au programme nucléaire syrien, interrompu en 2007 après le raid israélien ». Il n’exclut toutefois pas que la Syrie ait également récupéré des matières dont l’Irak s’était débarrassé au début des années 2000.

Le média Axios avait révélé la semaine précédente qu’un accord avait été conclu entre Washington et l’AIEA pour retirer des matériaux nucléaires stockés sur un site clandestin syrien, après « des ententes avec la Syrie et Israël ». Les officiels israéliens surveillaient étroitement un lieu baptisé « Site 99 », où le gouvernement Assad aurait entreposé des matières issues du projet de Deir ez-Zor. Le Jerusalem Post rapporte qu’Israël aurait même menacé de bombarder l’installation.

La transparence affichée par le nouveau gouvernement syrien contraste radicalement avec l’opacité du régime Assad. Officiellement, la Syrie n’a jamais possédé de programme nucléaire civil ou militaire opérationnel. Pourtant, les faits accumulés depuis 2007 démontrent qu’un projet atomique avancé existait bel et bien, dans le plus grand secret et en violation des obligations internationales de Damas.

Une coopération inédite entre Damas et l’AIEA

Le ministre syrien al-Shaibani a souligné que « la coopération avec l’AIEA a atteint un stade avancé ». Le gouvernement de transition affirme vouloir tourner la page de l’ère Assad en matière nucléaire avec « une transparence totale ». Grossi a pour sa part déclaré : « Nous commençons à tourner une page, et tourner une page ne signifie pas oublier le passé. »

Les enjeux sont considérables pour la nouvelle Syrie. En s’engageant dans une coopération complète avec l’AIEA, Damas cherche à normaliser ses relations avec la communauté internationale après plus de deux décennies d’isolement. L’objectif affiché est de garantir que les activités nucléaires syriennes ne seront plus jamais associées au développement d’armes. L’agence onusienne maintiendra un inventaire complet de ces matières pour s’assurer qu’elles sont stockées et sécurisées conformément aux normes internationales.

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