El Niño : pourquoi nos émissions créent une boucle climatique infernale

Une étude publiée dans Science établit que nos émissions de combustibles fossiles amplifient El Niño dans une boucle de rétroaction destructrice. L’événement actuellement en développement pourrait devenir le plus puissant jamais enregistré, menaçant 50 millions de personnes d’insécurité alimentaire d’ici fin 2027.

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El Niño : pourquoi nos émissions créent une boucle climatique infernale © www.nlto.fr

Selon une étude publiée dans Science, nos émissions de combustibles fossiles ne se contentent pas de réchauffer la planète, elles intensifient également les phénomènes naturels extrêmes tels qu’El Niño. Actuellement, un événement surnommé « Godzilla » se développe dans le Pacifique tropical et pourrait devenir le plus puissant jamais enregistré. Malgré cela, les décideurs politiques continuent de percevoir la transition énergétique comme une option plutôt qu’une urgence.

Interconnexion entre nos émissions et El Niño

Julia Cole, climatologue à l’Université du Michigan, a analysé 29 fossiles de corail des îles Galápagos, révélant une relation bidirectionnelle entre le réchauffement climatique et El Niño. « Nos résultats suggèrent qu’El Niño peut intensifier le réchauffement climatique et vice versa », explique-t-elle dans une interview au Guardian. Les coraux montrent une intensité accrue des événements El Niño au cours des 40 dernières années, une période marquée par des émissions de CO2 croissantes, créant une boucle de rétroaction positive où des El Niño plus violents contribuent à un réchauffement climatique accru.

Depuis l’ère préindustrielle, la variabilité d’El Niño a augmenté de 37%, dont 16% au cours des quatre dernières décennies. Andrew Dessler, climatologue à Texas A&M University, souligne l’urgence d’une transition vers des énergies renouvelables, alors que les subventions aux énergies fossiles atteignent encore 7 000 milliards de dollars par an, finançant ainsi la catastrophe plutôt que sa prévention.

Impact mondial des phénomènes climatiques extrêmes

D’ici fin 2027, 50 millions de personnes pourraient basculer dans l’insécurité alimentaire aiguë à cause d’El Niño, principalement en Asie du Sud, Asie du Sud-Est et Afrique subsaharienne. Ces régions, qui ont peu contribué au réchauffement climatique, en paieront le prix fort. NBC News rapporte que les moussons indiennes seront affaiblies, entraînant sécheresses et incendies en Indonésie et Australie, ainsi que des inondations en Amérique du Sud.

Les pays riches mettent en place des plans d’adaptation tandis que l’Afrique du Sud, par exemple, a alloué 12 millions de rands pour préparer une saison d’incendies plus intense, comme le note News24. Cependant, anticiper n’est pas suffisant pour prévenir, et allouer des budgets d’urgence n’est pas une solution durable.

L’échec des politiques climatiques révélé

Samantha Stevenson-Karl, co-auteure de l’étude, indique que le changement climatique amplifie probablement déjà El Niño, rendant des événements extrêmes plus fréquents. Les modèles climatiques ont prédit ce scénario depuis vingt ans et les coraux des Galápagos le confirment. Malgré cela, les décideurs politiques ont choisi de gagner du temps, chaque COP depuis Paris en 2015 produisant principalement des déclarations d’intention sans actions contraignantes, alors que les compagnies gazières poursuivent leurs activités comme si de rien n’était.

Un avenir incertain avec El Niño

La NOAA prévoit une probabilité de 69% que l’El Niño actuel atteigne des niveaux historiques entre octobre et décembre 2026, selon Ecoportal. Les impacts attendus sont déjà connus, mais les catastrophes frappent souvent ailleurs, hors des préoccupations électorales immédiates, mettant en évidence les limites de la démocratie représentative dans la gestion des crises climatiques.

Le gouvernement tanzanien a averti ses pêcheurs des impacts à venir, les populations vulnérables recevant des avertissements sans solutions concrètes. L’étude de Julia Cole souligne que nos choix énergétiques transforment un phénomène naturel en menace majeure, et que chaque tonne de CO2 émise exacerbe le problème, posant une question autant politique que morale.

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