La Cour des comptes exige 20 milliards d’euros d’économies sur la masse salariale de la fonction publique d’ici 2029, via le gel du point d’indice et la réduction des effectifs. Les syndicats appellent à la grève le 29 septembre pour dénoncer une austérité qui frappe 5,88 millions d’agents déjà appauvris : 862 000 gagnent moins que le SMIC, et leur pouvoir d’achat a chuté de 20 % depuis 2017.
La Cour des comptes a jeté un pavé dans la mare du débat budgétaire en recommandant 20 milliards d’euros d’économies sur la masse salariale de la fonction publique d’ici 2029. Parmi les mesures envisagées : gel du point d’indice, non-remplacement des départs à la retraite et ralentissement des carrières. Les recommandations présentées le 21 septembre identifient clairement les fonctionnaires comme contributeurs au redressement des comptes publics. En réponse, les syndicats ont appelé à une grève nationale le 29 septembre, transformant la négociation budgétaire en un bras de fer sur la répartition des efforts.
La proposition de gel des salaires des fonctionnaires
Pour le budget 2027, la Cour des comptes suggère des économies de 20 milliards d’euros sur la rémunération des 5,88 millions d’agents publics d’ici trois ans, dans le but de ramener le déficit public à 3 % du PIB en 2029. Selon Carine Camby, présidente de la première chambre, « On ne peut pas imaginer une réduction de la dépense publique sans un effort sur cette masse salariale. » Les fonctionnaires, qui représentent 21,7 % des dépenses publiques avec 362,1 milliards d’euros en 2024, sont au centre de cette stratégie de réduction des coûts.
Les répercussions de 20 milliards d’économies
Cette réduction budgétaire de 20 milliards d’euros cible directement les fonctionnaires. Depuis 2012, la masse salariale a augmenté de 90 milliards d’euros, et les effectifs ont crû de 475 000 personnes. La Cour estime cette situation intenable, mais les syndicats soulignent que cette augmentation répond aux besoins croissants en services publics essentiels comme la santé, l’éducation et la sécurité. Réduire la masse salariale implique des coupes dans les salaires, les postes et les carrières, ce que les syndicats refusent, affirmant que cela équivaut à imposer l’austérité à ceux qui assurent le fonctionnement quotidien de l’État.
Axes d’austérité : gel des salaires et non-remplacement
La Cour préconise quatre mesures pour atteindre ces économies : le non-remplacement des départs à la retraite, le gel ou la sous-indexation du point d’indice, l’ajustement des mesures catégorielles et le ralentissement des avancements de carrière. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a déjà confirmé l’intention de geler le point d’indice pour 2027, une revalorisation coûtant 2 milliards d’euros. Les syndicats critiquent cette approche, soulignant que 15 % des postes aux concours de la fonction publique d’État n’ont pas été pourvus en 2022, preuve d’une attractivité en déclin.
Mobilisation syndicale et grève nationale le 29 septembre
Les syndicats de la fonction publique ont rapidement réagi aux recommandations de la Cour des comptes. Une grève nationale est prévue le 29 septembre pour protester contre les conditions salariales des agents publics et une politique d’austérité jugée inéquitable. Pour eux, ces propositions sont une provocation, surtout dans un contexte d’érosion du pouvoir d’achat. La grève du 29 septembre pourrait marquer le début d’une mobilisation prolongée cet automne.
Contexte social tendu et pouvoir d’achat en déclin
Depuis 2017, le point d’indice des fonctionnaires n’a été revalorisé qu’à deux reprises, alors que l’inflation cumulée a atteint 24,17 %. Cette situation a entraîné une perte de près de 20 points de pouvoir d’achat pour les agents publics. Les syndicats dénoncent une série de gels successifs qui appauvrissent les fonctionnaires et affaiblissent les services publics. Le gouvernement invoque des contraintes budgétaires pour justifier ces mesures, mais les syndicats y voient un choix politique de faire porter la crise sur les salariés du secteur public.
Un paradoxe d’austérité : agents publics appauvris
En 2026, environ 862 000 fonctionnaires, soit un sur six, perçoivent un salaire de base inférieur au SMIC, nécessitant une indemnité différentielle pour compenser cet écart. Cette situation illustre la dégradation salariale dans la fonction publique, que les recommandations de la Cour des comptes ignorent. Alors que des fonds sont trouvés pour d’autres priorités, les fonctionnaires sont invités à se serrer la ceinture.
Inflation et érosion salariale : une équation impossible
Avec une inflation de 24,17 % depuis 2017 et une revalorisation du point d’indice de seulement 5 %, les fonctionnaires ont perdu près d’un cinquième de leur pouvoir d’achat. Cette réalité affecte tous les corps de métiers et participe à la crise d’attractivité de la fonction publique. La Cour reconnaît ce risque, soulignant que les efforts doivent permettre une progression des rémunérations pour maintenir l’attractivité des métiers. Pourtant, il est difficile de concilier cette exigence avec un gel des salaires et une réduction de 20 milliards d’euros, créant une situation difficilement tenable pour les agents publics et le gouvernement.







