Depuis octobre 2026, les conducteurs utilisant leur téléphone au volant risquent la suspension administrative de leur permis partout en France. Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, a confirmé cette généralisation dans un entretien au Figaro le 2 octobre. Une instruction conjointe de Laurent Nuñez et Marie-Pierre Vedrenne, datée du 29 septembre, a été envoyée aux préfets pour uniformiser la pratique sur le territoire. Jusque-là, seule une vingtaine de départements, incluant les Landes, le Pas-de-Calais et la Charente-Maritime, appliquaient cette sanction administrative.
Cette mesure vise à éliminer les inégalités locales. Marie-Pierre Vedrenne a affirmé : « L’usage du téléphone n’est pas moins dangereux selon le lieu. Pour qu’une règle soit acceptée, elle doit être claire, lisible et appliquée partout. » Le ciblage s’élargit de manière à inclure « monsieur et madame Tout-le-Monde », cherchant à transformer les comportements au volant.
Une banalisation mortelle
Les données justifient ce durcissement. En 2025, 3 515 personnes ont perdu la vie sur les routes françaises, et entre janvier et août 2026, 2 266 décès ont été enregistrés, reflétant une inquiétante augmentation. En 2025, l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière a relevé 695 360 infractions liées à l’usage du téléphone, soit une hausse de 6,7 % par rapport à 2024. Près de 80 % des Français avouent utiliser leur téléphone en conduisant.
La Sécurité routière a établi que manipuler un smartphone triple le risque d’accident, tandis que lire un message le multiplie par 23, détournant l’attention de la route pendant cinq secondes. À 90 km/h, cela équivaut à parcourir 125 mètres à l’aveugle. « On peut devenir auteur d’un accident du jour au lendemain et avoir une mort sur la conscience simplement parce que l’on a voulu envoyer un SMS », a déclaré Marie-Pierre Vedrenne. Ces constats résonnent avec la hausse des accidents mortels sur autoroutes, où l’inattention est souvent en cause.
Une double peine administrative et financière
Le dispositif repose sur l’article L. 224-7 du Code de la route, permettant aux préfets de suspendre le permis de conduire pour une durée de 15 jours à six mois. Cette sanction administrative s’ajoute à l’amende forfaitaire de 135 euros et au retrait de trois points prévus par l’article R. 412-6-1. L’automobiliste est donc soumis à une double peine, financière et administrative.
Contrairement aux craintes, le permis n’est pas confisqué sur-le-champ par les forces de l’ordre. La suspension est décidée par le préfet après une procédure contradictoire. La durée de la sanction est évaluée selon les circonstances et le parcours du conducteur, variant de 15 jours à six mois en cas de récidive.
Des résultats encourageants dans les Landes
L’expérimentation dans les Landes depuis novembre 2025 montre des résultats prometteurs. Le ministère de l’Intérieur rapporte que 300 permis ont été suspendus en trois mois. L’usage du téléphone au volant y a diminué de 12 %, suggérant un effet dissuasif. Le gouvernement espère une « prise de conscience et un changement de comportement », selon Marie-Pierre Vedrenne. « Le but n’est pas de sanctionner pour sanctionner », a-t-elle ajouté.
L’extension nationale s’inscrit dans une démarche plus large de réduction des comportements à risque. La distraction technologique est désormais l’une des principales cibles des pouvoirs publics. Le ministère de l’Intérieur prône une fermeté nécessaire pour inverser une tendance à la hausse de l’accidentalité après des années de baisse.
Aucune exception tolérée
L’interdiction s’étend à tous les usages du smartphone : messages, réseaux sociaux, applications de navigation, etc. Elle s’applique même en cas de ralentissements ou à un feu rouge. Le véhicule doit être stationné sur une place régulière et le moteur coupé pour autoriser l’usage du téléphone.
Les dispositifs Bluetooth intégrés sont permis, mais les oreillettes et casques audio sont interdits. Pour utiliser un écran sans kit mains libres, il faut stationner son automobile et couper le contact. Une règle simple dont le non-respect peut désormais coûter cher.








