À Nantes, la maire Johanna Rolland vous invite à enterrer votre slip !

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Crédit photo NLTO | www.nlto.fr

Ce n’est pas une blague. Il fallait une idée forte pour parler d’écologie. Une idée simple, concrète, accessible à tous. À Nantes, la municipalité dirigée par Johanna Rolland a trouvé : enterrer des slips (l’opération est baptisé « plante ton slip »). Oui, des slips. Dans la terre. Avec un protocole, une organisation, et bien sûr une mobilisation publique. Bienvenue dans une époque où la gestion locale atteint des sommets d’innovation… textile.

Mode d’emploi : venez habillé, repartez philosophiquement plus léger

Le principe est d’une limpidité désarmante : vous prenez un slip en coton, vous l’enterrez à quelques centimètres sous terre, vous attendez, puis vous revenez voir s’il a été dévoré par la vie du sol. Voilà, félicitations, vous venez de contribuer à une politique publique. Question logistique, pourtant essentielle : les participants repartent-ils sans slip ou la mairie prévoit-elle un modèle de secours homologué, catégorie “transition écologique” ? Existe-t-il un vestiaire municipal pour les sous-vêtements tombés au champ d’honneur du compost citoyen ? Et surtout, le protocole accepte-t-il le string ou sommes-nous sur une doctrine stricte du slip républicain en coton ? On aimerait croire à une blague, à un sketch un peu poussif, mais non : c’est bien une opération officielle, pensée, validée, organisée par des élus. Pendant que Nantes gère des sujets autrement plus brûlants comme une insécurité galopante, certains, à la mairie, semblent avoir trouvé le temps de conceptualiser l’enfouissement stratégique du slip urbain. À ce stade, ce n’est plus de l’écologie, c’est du théâtre expérimental financé par le contribuable.

Une avancée scientifique majeure : le slip comme unité de mesure universelle

Derrière cette opération se cache une ambition scientifique de premier plan, qui ouvre des perspectives vertigineuses pour la recherche contemporaine. Le slip devient ici un outil d’analyse du vivant, une sorte de capteur biologique accessible à tous. Pour certains c’étaient déjà le cas, leur slip était un capteur biologique mais pas pour les mêmes raisons. Mais immédiatement, des questions cruciales émergent : le string est-il accepté ou réservé à des sols expérimentaux avancés ? Le caleçon large offre-t-il une meilleure résolution des données que le slip classique ? Un modèle en nylon fausse-t-il les résultats et condamne-t-il d’emblée le diagnostic ? Et surtout, sujet délicat, un slip usagé fournit-il une donnée plus riche qu’un slip neuf, ou introduit-il un biais olfactif non négligeable dans l’analyse scientifique ? Le slip en cuir clouté est-il utile ? On attend avec impatience les colloques internationaux sur le sujet avec des communications du type « Recherche épistémologique et analyse comparative du slip porté et non porté comme bio-indicateur différentiel des dynamiques microbiennes en substrat pédologique urbanisé ». Johanna Rolland numéro 2 du parti socialiste pourrait faire un discours en introduction du colloque s’intitulant « apport du slip nantais à la science » avec une projection en écran géant de différents types de slips.

Une opération encadrée par l’État et ses démembrements textiles

Car non, il ne s’agit pas d’une blague improvisée un dimanche entre voisins. L’opération est portée par l’ADEME, une agence nationale au budget pharamineux, et déployée localement par la ville de Nantes, dirigée par la maire Johanna Rolland. Autrement dit, on ne parle pas ici d’une fantaisie individuelle mais d’une démarche structurée, validée, organisée, avec mobilisation d’agents, communication officielle et restitution prévue. Le slip n’est plus un simple objet du quotidien, il devient un instrument de politique publique, soutenu par des institutions et inscrit dans une stratégie nationale de sensibilisation environnementale. Encore nous aurions eu à la mairie un huluberlu écolo on aurait pu se dire encore l’une de leur frasque. Mais là la démence atteint même une des dirigeantes du PS.

L’argent public au service de la grande cause du sous-vêtement enfoui

C’est ici que l’on change de registre et que l’ironie se teinte d’un léger vertige. Car cette opération, aussi innovante soit-elle, mobilise des moyens publics. Des agents, du temps administratif, de la communication, une coordination entre institutions. Aucun chiffre précis n’est affiché, mais une certitude demeure : enterrer des slips ne relève pas d’une initiative spontanée sans coût. Dans un contexte où chaque euro public est théoriquement discuté, arbitré, priorisé, voir émerger une politique structurée autour de l’enfouissement du slip a de quoi interroger. Non pas tant sur le principe, après tout, pourquoi pas, mais sur la hiérarchie des urgences qui conduit à considérer ce type d’action comme suffisamment prioritaire pour être porté à ce niveau. Mais nos élus n’ont pas peur du ridicule.

L’écologie version démonstration performative

Officiellement, l’objectif est irréprochable : sensibiliser à la biodiversité des sols, rendre visible l’invisible, faire comprendre au grand public que la terre est vivante. Dans les faits, on assiste à une transformation subtile mais décisive de l’action publique : on ne traite plus directement un problème, on le met en scène. Le geste compte plus que l’effet, le symbole plus que la transformation. Non non, enterrer un slip n’est pas un acte de démence, ni un acte visant à éliminer un sous vêtement ayant subi les affres d’une tourista irrépressible mais un acte, presque rituel, sublimant la recherche en matière d’écologie.

Après le slip, l’infini des possibles

La véritable question n’est peut-être pas de savoir pourquoi on enterre des slips, mais jusqu’où cette logique peut aller. Car une fois le principe acté, les perspectives sont immenses. La chaussette pour mesurer l’humidité, le t-shirt pour analyser la pollution, le jean pour étudier la résilience des fibres face au changement climatique. Tout un champ d’innovation s’ouvre à l’action publique. Et dans cette trajectoire, une chose est certaine : la créativité institutionnelle, elle, ne se décompose jamais. L’argent public ? On s’en fout. Il suffit de faire payer les riches, de toute façon ce sont des salauds de profiteurs, ou les surprofits des grandes entreprises. En tout cas au PS, Mitterrand doit se retourner dans sa tombe.

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