Un an et demi après le cessez-le-feu négocié par Trump, la reconstruction de Gaza est toujours inexistante et le chômage touche 80 % de la population. Face à cette impasse politique, l’ONU se retire : le Programme alimentaire mondial (PAM) annonce la réduction de moitié de ses rations alimentaires et la suppression de l’aide en espèces pour 75 000 familles, laissant 500 000 Palestiniens sans soutien.
Un cessez-le-feu sans reconstruction
L’accord de cessez-le-feu de 2025 prévoyait une reconstruction massive de Gaza. Plus d’un an après, aucun projet n’a commencé, aucune infrastructure n’a été rebâtie. The Guardian rapporte que les engagements internationaux n’ont pas été tenus. Les ruines persistent et les camps de déplacés se multiplient. Shaun Hughes, représentant du PAM pour la Palestine, déclare : « Nous devons investir dans la reconstruction. Cette opération humanitaire n’est ni abordable ni viable à long terme. » L’aide d’urgence ne fait que masquer les failles d’une économie à l’arrêt.
Avec un taux de chômage de 80 %, le cessez-le-feu n’a pas transformé la trêve militaire en reprise économique. Sans reconstruction, l’activité économique est paralysée, entraînant une dépendance totale à l’aide humanitaire. Carl Skau, directeur exécutif par intérim du PAM, constate : « Un an après l’accord de cessez-le-feu, la vie reste brutale ici. Pas d’abri décent. Pas de services de base. Pas de sécurité. » Gaza survit sous perfusion, sans espoir de reprise.
Les réductions de l’ONU : une aide humanitaire limitée
Le PAM réduit drastiquement son aide alimentaire, passant de 1,6 million à 1,1 million de bénéficiaires mensuels. L’agence onusienne explique cette réduction par une baisse de plus de 50 % des financements par rapport à 2025. L’épuisement des donateurs internationaux, une fois la crise éclipsée des médias, a conduit à cet effondrement budgétaire. Le PAM demande 450 millions de dollars sur six mois pour continuer ses opérations à Gaza et en Cisjordanie. Mais sans financement, les besoins restent insatisfaits.
Désormais, les familles de Gaza recevront une boîte de rations au lieu de deux. Les repas chauds communautaires passent de 250 000 à 150 000 portions. Dans certaines zones, les familles ne recevront un repas qu’un jour sur deux. Al Jazeera souligne que 75 000 familles perdront leur aide en espèces, les privant de ressources pour acheter des denrées supplémentaires. Manal Abu Rabie, mère de six enfants, témoigne : « Nous retournons à la famine. Nous mourons de faim. »
Les conséquences pour la population
Deux-tiers de la population de Gaza, soit 1,4 million de personnes, sont en insécurité alimentaire critique (phase 3 de l’IPC). Parmi elles, 200 000 sont en phase d’urgence (phase 4), juste avant la famine déclarée. Selon l’Unicef, un enfant sur huit souffre de malnutrition chronique, avec des retards de croissance irréversibles.
Les repas chauds, souvent la seule source alimentaire des familles vulnérables, sont réduits de 40 %. Les personnes déplacées, malades chroniques et femmes enceintes sont particulièrement touchées. Les restrictions israéliennes aux passages frontaliers aggravent la situation : NBC News rapporte une suspension des envois commerciaux, entraînant une hausse du prix du pain. L’aide humanitaire devient un luxe inabordable.
Le financement manquant
Le PAM a besoin de 450 millions de dollars, mais les caisses sont vides. La réduction du financement de l’USAID par l’administration Trump et le désintérêt des autres donateurs ont laissé la crise gazaouie sans réponse. Le gouvernement de Gaza dénonce l’abandon international et tient Israël responsable des restrictions aux frontières. Les appels à l’aide restent sans réponse. La reconstruction ne se concrétisera pas, et l’aide humanitaire continue de s’évanouir, laissant Gaza dans une dépendance chronique.
Le cessez-le-feu de 2025 devait être un tournant, mais il a figé une catastrophe humanitaire. L’ONU admet son impuissance. Les 500 000 Palestiniens abandonnés par le PAM sont le résultat de promesses non tenues et de financements absents. Cet hiver, Gaza comptera ses morts de faim, tandis que les chancelleries feront des économies.









