Une semaine de débats budgétaires, et tout est dit : ici, on taxe ce qui marche, on subventionne ce qui échoue, et on s’étonne que tout foute le camp. Pendant qu’on parle d’“égalité” à longueur de tribune, le pays décourage ceux qui bossent et glorifie ceux qui se plaignent.
Les nouveaux coupables : ceux qui réussissent
En France, il faut faire attention. Si tu veux réussir, fais-le discrètement. Si tu gagnes de l’argent, cache-le. Si tu crées une entreprise, surtout ne le dis pas trop fort, tu pourrais vexer quelqu’un. Le pouvoir politique a trouvé sa martingale : faire croire que les “riches” sont la cause de tous les maux. Il faut bien une cible quand on n’a plus de projet. Et c’est pratique : les riches ne manifestent pas. La dernière trouvaille, c’est cette fameuse “taxe Zucman”. Deux pour cent par an, sur les patrimoines et les entreprises les plus dynamiques. On appelle ça “justice sociale”, mais en réalité, c’est un racket. On paye en actions, comme dans les mauvais films soviétiques où tout finit par appartenir à l’État. La grande idée, c’est de “redistribuer”. Traduction : on prend à ceux qui construisent pour donner à ceux qui commentent. Et tout le monde trouve ça moral.
Le message envoyé : partez, vite
Ce climat, les jeunes l’ont très bien compris. Pas besoin de lire Les Échos pour savoir qu’on est dans une impasse. Dans les écoles, les incubateurs, les labos, c’est devenu une évidence : “Ici, c’est mort.” Pierre, étudiant à HEC, veut créer des boîtes. Il dit : « Mon ambition, c’est de réussir, de gagner de l’argent. En France, on déteste ça. » Sylvie, à Centrale, bosse sur une start-up d’intelligence artificielle : « On va mettre le siège à l’étranger. Ici, on nous adore tant qu’on n’a rien gagné. Après, on devient des ennemis. » Étienne, à l’ESSEC, veut bosser dans une banque d’affaires : « Si je reste, je vais passer ma vie à m’excuser de réussir. » Et Olivier, autodidacte venant d’une cité du 94 dirige une entreprise dans la mode, a tout résumé : « En France, si tu bosses, tu payes. Si tu réussis, tu déranges. Donc tu pars. Moi ce sera Dubaï. » Voilà où on en est. Le pays qui a inventé l’esprit d’entreprise passe son temps à en dégoûter les siens.
L’idéologie du déclin
Le pire, c’est que tout ça se fait au nom du “bien”, de la justice fiscale. On prétend protéger le peuple, mais on l’appauvrit. On prétend corriger les injustices, mais on détruit les réussites. C’est l’idéologie du nivellement : personne ne doit dépasser, personne ne doit briller, tout le monde doit stagner ensemble. Et pendant qu’on s’enfonce, les politiques se félicitent d’avoir “fait un geste fort”. Oui, un geste fort pour encourager la fuite des cerveaux. Le gouvernement ne dirige plus un pays, il administre un ressentiment. Et à force de parler d’égalité, il a oublié la liberté. En résumé : la France est le seul endroit au monde où la réussite est perçue comme une trahison nationale. Ici, la gloire est suspecte, la fortune est indécente, et le travail est un péché d’orgueil. Si tu es l’homme le plus riche du monde et que tu es français on te déteste, tu deviens l’ennemi, l’homme à abattre. À ce rythme, bientôt, il faudra s’excuser d’avoir encore envie de réussir.








