Brigitte Macron, #NousToutes et l’hystérisation du débat : le féminisme mérite mieux

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Une vidéo montrant Brigitte Macron traiter de « sales connes » des militantes féministes a déclenché une tempête médiatique même à l’international. Mais derrière l’écume du scandale, il faut regarder les faits : intrusion illégale dans un théâtre, diffamation contre un homme blanchi par la justice, conception radicalisée de la parole des victimes et paradoxe d’un milieu culturel qui donne des leçons tout en accumulant ses propres scandales. Ce débat dit surtout à quel point la société française est malade de militants qui se croient tout permis y compris en remettant en cause l’État de droit.

Les faits : intrusion, illégalité et diffamation

Ce qui s’est passé est simple. Quatre militantes du collectif #NousToutes, un groupe féministe radical habitué aux actions coup-de-poing, ont pénétré dans un théâtre complet pour perturber un spectacle d’Ary Abittan. Elles l’ont interrompu en pleine représentation, devant des spectateurs qui n’avaient rien demandé, en hurlant et en brandissant des pancartes. Cette intrusion constitue en soi un trouble manifeste à l’ordre public : on n’interrompt pas un spectacle privé, on ne met pas en danger un public, et on ne transforme pas une salle de théâtre en tribune politique. Ce type d’action est illégal et immoral car les spectateurs n’ont pas souhaité à être confronté à la violence de ces militants. Deuxième point : en qualifiant publiquement M. Abittan de « violeur » après que la justice a rendu un non-lieu en première instance et en appel, ces militantes commettent un acte de diffamation caractérisé. La loi est claire : on ne peut qualifier quelqu’un d’un crime sans qu’un tribunal ne l’ait condamné. Le non-lieu ferme juridiquement le dossier, et continuer d’accuser publiquement revient à se placer en dehors de l’État de droit. C’est même une remise en cause de celui-ci. Que des militantes radicalisées décident que leur propre conviction vaut plus que deux décisions judiciaires est déjà problématique ; qu’une partie de la société applaudisse cela l’est encore davantage.

La parole des femmes contre la parole des hommes : un faux débat dangereux

Depuis plusieurs années, un discours idéologique très fort s’est imposé : la parole des femmes serait intrinsèquement supérieure à celle des hommes, plus digne de foi, plus morale, plus pure. Cette idée est à la fois fausse, dangereuse et profondément contraire aux principes fondamentaux de la justice. La seule parole qui compte est celle des êtres humains, pas celle d’un sexe contre l’autre. Un homme peut dire la vérité comme mentir ; une femme peut être une victime authentique comme elle peut, elle aussi, se tromper ou accuser à tort. Construire tout un système moral sur une opposition binaire, femmes/vérité d’un côté, hommes/soupçon éternel de l’autre, est une absurdité intellectuelle qui fragilise le combat réel contre les violences. Dans l’affaire Abittan, la seule chose solide, objective, incontestable, ce sont les décisions judiciaires : deux non-lieux. Tout le reste, interprétations, campagnes militantes, hashtags, n’a pas la moindre valeur au regard du droit et de l’étude du dossier qui a été fait par le tribunal. Poursuivre un homme « jusqu’en enfer », comme le font ces militantes radicales, après qu’il a été blanchi, est immoral. C’est la négation même de la justice. Et c’est aussi l’expression d’un fanatisme idéologique qui ne cherche plus la protection des victimes, mais la destruction systématique de ceux que l’on a désignés comme ennemis. C’est immoral car cela revient également à détruire la vie d’hommes qui n’ont pas été reconnus coupables.

Le paradoxe du show-business et de la gauche morale

Dernier point : la façon dont une partie du show-business, des milieux culturels et de la gauche écologiste s’empare de ces sujets est étonnante, voire hypocrite. Car les grandes affaires de violences sexuelles, de harcèlement, de comportements déplacés et de dérives prédatrices se trouvent beaucoup plus souvent dans ces milieux-là qu’ailleurs. Il suffit de regarder ces dernières années : la liste d’affaires dans le monde écologiste (Beaupain, les dossiers internes d’EELV, les multiples accusations locales dont certaines très graves, la dernière en date à Aix-en-Provence. La liste est impressionnante), comme dans le showbiz où les révélations n’en finissent jamais. Et pourtant, ce sont ces mêmes sphères donneuses de leçons qui s’indignent bruyamment, qui posent en gardiennes de la morale et qui désignent les coupables avant les tribunaux. Le décalage est grotesque : ceux qui devraient commencer par balayer devant leur porte sont les premiers à hurler avec les militants radicaux. Le résultat : une société hystérisée, incapable de reconnaître les faits, incapable de respecter la justice, incapable de traiter les sujets sérieux autrement que par réflexe pavlovien. Le scandale n’est pas que Brigitte Macron ait prononcé un mot grossier. Le vrai scandale, c’est que quatre militantes radicalisées puissent perturber un spectacle, pourrir la soirée de spectateur, diffamer un homme blanchi par la justice et se présenter ensuite comme des héroïnes, soutenues par un écosystème médiatique qui a perdu toute notion de responsabilité et toute légitimité à parler de ces questions.

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