Alors que le gouvernement prépare le budget 2025, une enquête de l’Observatoire Hexagone, menée avec l’IFOP, met en lumière les priorités budgétaires des Français. Un sondage qui confirme celui du 28 novembre 2024 de l’Ifop Fiducial pour Sud Radio, lequel indiquait que 2 Français sur 3 n’approuvent pas le budget proposé par le gouvernement. Quelles seraient donc les priorités budgétaires ?
Focus sur les fonctions régaliennes
Les Français accordent une importance centrale aux fonctions régaliennes, à savoir la sécurité publique, la défense et la justice. Les dépenses de ces secteurs, qui représentent aujourd’hui 6 % des dépenses publiques, seraient ainsi portées au triple de leur niveau actuel, soit à 22 % des dépenses totales de l’État.
En chiffres, le budget consacré à la sécurité publique passerait de 54 milliards d’euros à 144 milliards d’euros par an, tandis que la défense nationale bénéficierait d’une enveloppe de 67,4 milliards d’euros, et la justice de 35,5 milliards d’euros.
L’environnement comme nouvel entrant dans les priorités des Français
Les enjeux climatiques figurent également parmi les préoccupations majeures des Français. Ces derniers souhaitent allouer 94 milliards d’euros à la transition écologique, ce qui équivaut une hausse de 67 milliards par rapport au budget actuel.
Une volonté qui traduit une prise de conscience collective face à l’urgence environnementale. Ce poste, actuellement considéré comme sous-financé, serait ainsi l’un des principaux bénéficiaires de la réorganisation budgétaire proposée par les citoyens, selon le sondage de l’Observatoire Hexagone.
La nécessité d’assainir les finances publiques face à la dette
La gestion de la dette publique, qui dépasse 113 % du PIB de la France (soit plus de 3 200 milliards d’euros), apparaît également comme une grande priorité budgétaire pour 48 % des répondants. En ce sens, et afin de la réduire, ils proposent de doubler les fonds alloués à son remboursement, c’est-à-dire de les faire passer de 53 milliards à 123 milliards d’euros par an.
Ces efforts sur la dette traduisent la volonté des citoyens d’assainir les finances publiques et qui témoignent de leur inquiétude quant à l’impact de la dette publique sur la crédibilité économique de la France.
Des coupes dans les dépenses sociales
Pour financer ces priorités, les Français proposent des ajustements, ou plutôt des coupes budgétaires, dans les dépenses sociales, qui seraient réduites à 29 %, alors qu’elles représentent actuellement 55 % des dépenses de l’État. Les retraites, actuellement financées à hauteur de 544 milliards d’euros, subiraient une réduction significative de 200 milliards, pour atteindre 344 milliards. De même, la protection sociale serait diminuée de 85 milliards, s’établissant ainsi à 179 milliards d’euros.
Malgré ces coupes, la santé reste relativement épargnée. Son budget, aujourd’hui de 451 milliards d’euros, serait réduit de manière modérée à 323 milliards. Ces ajustements qui témoignent une fois de plus de la volonté de rationaliser les dépenses de l’État sans remettre en cause ses services jugés essentiels.
Relégués au second plan : les loisirs, la culture et les aides internationales.
Enfin, parmi les secteurs jugés les moins prioritaires par les Français figurent trois postes spécifiques : les loisirs, la culture et les aides internationales. Le budget consacré à ces domaines passerait de 39 milliards à 29 milliards d’euros, ce qui représenterait une diminution de 26 % par rapport à leur budget actuel.
Les aides internationales, quant à elles, actuellement financées à hauteur de 11 milliards d’euros, seraient réduites à 9 milliards d’euros, ce qui équivaut à une coupe budgétaire de 18 %.








