École primaire : la Cour des comptes appelle à une refonte du système

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La Cour des comptes a publié, mardi 20 mai 2025, un rapport implacable sur l’état de l’école primaire en France. Budget pharaonique, gouvernance éclatée, rythmes mal pensés : l’institution dénonce une mécanique grippée, incapable de répondre aux besoins des élèves. Et ce sont les élèves qui en paient le prix fort.

Des milliards dépensés… pour un niveau abaissé

La France consacre chaque année 52 milliards d’euros à son école primaire. En théorie, cet investissement devrait garantir à chaque enfant un socle solide en lecture, écriture et mathématiques. Dans les faits, c’est l’inverse : les évaluations montrent un affaissement constant du niveau. En mathématiques, les élèves de CM1 français se classent derniers sur 21 pays européens. En compréhension écrite, la France stagne en queue de peloton. Et pendant que les moyennes chutent, les inégalités explosent : les élèves les plus en difficulté sont massivement issus des milieux les plus défavorisés.

Sans langue de bois, la Cour des comptes décrit un système éducatif qui avance sans boussole. Malgré la multiplication des dispositifs ciblés – comme le dédoublement de certaines classes – l’impact global reste marginal. Résultat : on investit plus, mais on n’en tire pas mieux. Et le fossé se creuse entre ceux qui bénéficient d’un environnement éducatif structuré et les autres. Ce constat est d’autant plus préoccupant – et paradoxal – que le nombre d’élèves diminue. D’ici 2028, 350 000 enfants de moins fréquenteront l’école primaire.

Une école sans pilote, ni cap

Le rapport dénonce une organisation rigide, trop centralisée et incapable de s’adapter aux réalités locales. Tout est fragmenté. L’État élabore les programmes, les communes gèrent les bâtiments, mais personne ne tient la barre, personne ne donne de vrai cap. Le directeur d’école, pourtant censé faire le lien, n’a ni statut clair ni autorité. Il reste souvent enseignant lui-même, sans le temps ni les outils pour piloter une équipe ou impulser une dynamique.

Le rythme scolaire est aussi dans le viseur. Le passage à la semaine de quatre jours, généralisé en 2018, est critiqué comme contre-productif. Cette organisation, adoptée sans évaluation sérieuse, perturbe la concentration des élèves et freine leurs apprentissages. La Cour des Comptes s’appuie même sur les conclusions de l’Académie de médecine : le découpage de la semaine n’est pas pensé pour les enfants, mais pour les contraintes des adultes. Une aberration pédagogique qui isole encore plus la France au sein de l’Europe.

Comment sortir de l’impasse ?

Face au constat sévère qu’elle dresse, la Cour des comptes ne se contente pas de critiquer : elle avance plusieurs recommandations concrètes pour remettre l’école primaire sur pied. Première priorité selon elle : repenser la gouvernance. Cela passe par la création d’un véritable statut pour les directeurs d’école, avec une fonction de pilotage à temps plein, en commençant par les écoles regroupées ou de taille significative.

Deuxième piste : réorganiser les écoles en milieu rural. La Cour des comptes préconise de systématiser les regroupements d’écoles ou de classes dans les zones où les effectifs baissent, pour mieux utiliser les ressources. Elle recommande aussi de généraliser des conventions triennales entre les élus locaux et l’Éducation nationale, afin de mieux adapter les politiques éducatives aux réalités des territoires. Enfin, elle insiste sur l’urgence de moderniser la formation des enseignants, d’intégrer le numérique de façon mesurée et utile, et de prendre en compte les enjeux environnementaux dans la rénovation des écoles.

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