À peine 48 heures séparent le rejet des mesures sur le logement par le Parlement, le vendredi 4 octobre, de la décision de Pedro Sánchez de dissoudre le Parlement, annoncée le lundi 5 octobre. Le Premier ministre espagnol a convoqué des élections législatives pour le 29 novembre 2026, neuf mois avant la fin prévue du mandat.
Lundi 5 octobre : l’annonce officielle
Depuis le palais de la Moncloa, Pedro Sánchez a annoncé lors d’une allocution solennelle la convocation d’un Conseil des ministres extraordinaire pour dissoudre le Parlement et organiser des élections législatives le dimanche 29 novembre, selon Le Figaro. Le chef du gouvernement a justifié cette décision par le besoin d’une majorité parlementaire plus large pour avancer sur ses réformes progressistes.
Les élections sont fixées au 29 novembre 2026. Sánchez a souligné l’importance de ce scrutin pour décider de l’orientation future de l’Espagne : soit suivre la montée de l’extrême droite, soit continuer sur la voie de la justice sociale, rapporte Franceinfo.
Vendredi 4 octobre : le vote au Congrès
Le Congrès des députés a rejeté les propositions de la coalition gouvernementale concernant le logement, ce qui a précipité la dissolution du Parlement. Le gouvernement minoritaire de Pedro Sánchez n’a pas réussi à obtenir le soutien nécessaire pour faire passer son ensemble de mesures visant à réguler le marché immobilier. Le Parti populaire (PP), en tête dans les sondages, demandait depuis plusieurs mois des élections anticipées.
Les mesures rejetées comprenaient l’interdiction des expulsions de locataires vulnérables jusqu’en 2030, la prolongation du gel des loyers pour deux ans, et un renforcement des règles sur les locations de courte durée via des plateformes comme Airbnb, selon L’Indépendant. Ces mesures visaient à protéger les locataires contre la spéculation immobilière.
Septembre 2026 : l’expulsion de Maricarmen Abascal
En septembre 2026, Maricarmen Abascal, 87 ans, a été expulsée de son appartement à Madrid après 70 ans, en raison d’une hausse de loyer de 275 % exigée par une société d’investissement. Cet événement a symbolisé la colère contre la financiarisation du logement en Espagne. Des militants ont installé un campement à Madrid pour protester, comme le relate Watson.
Le 3 octobre, des manifestations ont eu lieu à Madrid et dans d’autres villes pour réclamer un logement digne. Ces manifestations ont accentué la pression sur le gouvernement, déjà affaibli par huit ans de pouvoir et des scandales de corruption impliquant des proches du PSOE. Le rejet des mesures le lendemain a aggravé la crise politique.
Contexte : un gouvernement sans majorité parlementaire
Le gouvernement espagnol est minoritaire depuis le début de la législature, ce qui limite sa capacité à faire passer ses projets de loi. Pedro Sánchez doit souvent négocier avec des partis aux intérêts divergents pour obtenir des majorités ponctuelles. Le rejet des mesures sur le logement met en lumière l’impasse actuelle. Les récents sondages placent le Parti populaire en tête, compliquant les perspectives électorales pour le Premier ministre.
Le scrutin du 29 novembre sera crucial pour déterminer l’orientation future de l’Espagne : poursuivre les réformes sociales de Sánchez ou emprunter la voie conservatrice réclamée par l’opposition. La campagne de huit semaines s’annonce décisive pour l’avenir politique du pays.









