Adopté en 2019 avec la loi PACTE, le Plan d’Épargne Retraite est devenu un pilier de la stratégie d’épargne à long terme des Français. En 2025, il rassemble plus de 11,6 millions de titulaires pour 125 milliards d’euros d’encours Dans le cadre du Budget 2026, un amendement parlementaire avait envisagé d’imposer la liquidation automatique du PER à l’âge de la retraite. Après des débats nourris, cette mesure a finalement été abandonnée, laissant les détenteurs libres de gérer leur épargne selon leurs besoins.
Un amendement budgétaire qui visait la « faille » du PER
Le 20 octobre 2025, la commission des finances de l’Assemblée nationale avait adopté un amendement au projet de loi de finances 2026 visant à rendre obligatoire la liquidation du PER dès l’âge légal de départ à la retraite. L’objectif était de « rendre obligatoire le dénouement du PER lorsque le détenteur atteint l’âge de la retraite », affirme Capital. Les auteurs du texte dénonçaient une « opportunité d’optimisation fiscale massive ». En cause : la possibilité pour un épargnant de conserver son PER après sa retraite, voire de le transmettre à ses héritiers sans que les sommes déduites du revenu imposable n’aient jamais été soumises à l’impôt.
Selon Eres Group, cette situation permettait un double avantage : d’abord la déduction des versements du revenu imposable, ensuite la transmission du capital sous le régime favorable de l’assurance-vie. Le gouvernement considérait qu’il s’agissait d’une niche fiscale à corriger, dans un contexte budgétaire tendu.
L’amendement prévoyait donc la fermeture automatique du PER à l’âge de la retraite, entraînant une sortie en capital ou en rente. Cette obligation aurait mis fin à la liberté actuelle de l’épargnant. D’après les estimations relayées par Boursorama, les recettes supplémentaires pour l’État auraient pu atteindre 200 millions d’euros par an. Une somme modeste, mais jugée symbolique pour la cohérence du système fiscal.
Le vote du 3 novembre : statu quo confirmé et détente chez les épargnants
Après plusieurs jours de débats, les députés ont finalement rejeté la proposition lors du vote du 3 novembre 2025. L’amendement ne figure pas dans le texte final du projet de loi de finances 2026, comme le confirme Capital. Les détenteurs de PER ne seront donc pas contraints de le liquider à leur départ à la retraite.
Cette décision a immédiatement été perçue comme un soulagement par les épargnants et par les acteurs du marché. En pratique, la liberté de liquidation permet d’étaler les retraits sur plusieurs années, d’optimiser la fiscalité de la sortie, ou encore de conserver le capital investi en cas de besoin futur. La mesure envisagée aurait forcé les épargnants à liquider leurs avoirs à un moment précis, au risque de concentrer les retraits et d’alourdir leur impôt sur le revenu.
Les effets concrets pour les détenteurs de PER
Pour les titulaires d’un Plan d’Épargne Retraite, le rejet de la mesure maintient l’ensemble des avantages existants. D’abord, la liberté de sortie : l’épargnant peut toujours choisir entre rente, capital ou combinaison des deux, au moment qui lui convient. Ensuite, la souplesse de gestion : il peut conserver le PER au-delà de son départ, pour faire fructifier les fonds ou préparer une transmission.
Ce maintien du cadre actuel permet également d’éviter une fiscalité brutale. Une liquidation forcée aurait pu faire passer certains ménages dans une tranche d’imposition supérieure, notamment en cas de sortie en capital unique. Cependant, certains observateurs soulignent que le débat n’est que repoussé. La question de la transmission du PER sans impôt sur le revenu pourrait revenir dans un prochain texte fiscal. Pour l’heure, aucune disposition nouvelle n’a été introduite dans le Budget 2026, mais le gouvernement pourrait rouvrir le dossier lors du passage du projet au Sénat.












