La France affiche 36,1 % d’impôt sur les sociétés, le taux le plus élevé de l’OCDE

La France affiche 46 % de prélèvements obligatoires en 2025, record européen selon Eurostat. Mais elle se classe dernière de l’OCDE en compétitivité fiscale avec un taux d’impôt sur les sociétés de 36,1 %, le plus élevé des 38 pays membres. La loi de finances 2025 aggrave la situation avec 23 milliards d’euros de recettes supplémentaires.

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La bataille contre la dette de la France | www.nlto.fr

La France vient de battre un nouveau record : 46 % de prélèvements obligatoires, le plus haut d’Europe. Mais le vrai scandale, c’est que personne n’en parle. Pendant ce temps, le taux d’impôt sur les sociétés atteint 36,1 %, le plus élevé de l’OCDE, et le gouvernement continue d’augmenter la pression fiscale comme si de rien n’était. Les chiffres publiés par Eurostat le 28 octobre 2026 confirment le retour au sommet de la France, dépassant le Danemark et la Belgique. Mais le classement de la Tax Foundation révèle une réalité plus brutale : la France occupe la dernière place des 38 pays de l’OCDE en compétitivité fiscale, avec une note de 45,7 sur 100.

L’impasse française : plus de taxes, zéro compétitivité

Le paradoxe français tient en deux chiffres. D’un côté, la France redevient championne européenne des prélèvements obligatoires avec 46 % du PIB en 2025 selon Eurostat. De l’autre, elle ferme la marche en compétitivité fiscale selon la Tax Foundation. Le think tank américain, fondé en 1937 et spécialisé dans l’analyse des systèmes fiscaux, pointe du doigt la complexité et la lourdeur du système français.

Le taux maximal d’imposition des bénéfices des sociétés en France atteint 36,1 % une fois les surtaxes comprises. Aucun autre pays de l’OCDE n’impose autant ses entreprises. La moyenne de l’organisation s’établit à 23,6 %. L’écart dépasse 12 points. Les grandes entreprises françaises paient non seulement l’impôt standard, mais aussi des contributions exceptionnelles qui alourdissent la facture. La contribution exceptionnelle introduite par la loi de finances 2025 frappe les bénéfices au-delà de certains seuils. Les PME et ETI ne sont pas épargnées, même si elles bénéficient parfois de taux réduits.

La loi n° 2025-127 du 14 février 2025 marque un tournant. Après plusieurs années de baisses d’impôts et d’allégements de charges sous Emmanuel Macron, le gouvernement fait volte-face. Le Haut Conseil des finances publiques chiffre à près de 23 milliards d’euros le surcroît de recettes attendu. Les mesures fiscales accrues incluent une contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, une contribution différentielle sur les hauts revenus, une hausse de la taxe sur les billets d’avion et un relèvement de la fiscalité de l’énergie. Le gouvernement justifie ces hausses par la nécessité de redresser les comptes publics. Mais l’effet sur la compétitivité passe à la trappe.

Les 23 milliards de recettes supplémentaires : à quel prix pour l’économie ?

Le Haut Conseil des finances publiques estime que la loi de finances 2025 rapportera 23 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Mais à quel prix ? La croissance économique française s’établit à 0,8 % en 2025, contre 2,9 % au Danemark. L’effet dénominateur amplifie mécaniquement le ratio des prélèvements obligatoires. Quand le PIB stagne, le poids des impôts augmente automatiquement. Les économistes s’inquiètent d’un cercle vicieux : plus de taxes, moins de croissance, donc encore plus de taxes pour maintenir les recettes. Les économies annoncées pour 2027 ne suffiront pas à inverser la tendance.

Pendant ce temps, l’Irlande accueille les sièges sociaux avec 12,5 % d’impôt

L’Irlande affiche un taux d’impôt sur les sociétés de 12,5 %. Son système taxe à 22 % les bénéfices distribués, mais pas tant qu’ils sont réinvestis, selon la Tax Foundation. Le pays attire massivement les sièges sociaux des multinationales. Apple, Google, Facebook, Pfizer : la liste des géants installés à Dublin s’allonge chaque année. L’Estonie, classée première en compétitivité fiscale par la Tax Foundation, adopte un modèle encore plus attractif. Elle n’impose pas les bénéfices réinvestis. Seuls les dividendes distribués sont taxés. Les entrepreneurs peuvent ainsi réinvestir leurs profits sans ponction fiscale immédiate. La France fait exactement l’inverse.

L’écart entre le pays le plus taxé (France) et le moins taxé (Irlande) atteint 23,3 points de PIB en 2025. La France prélève 46 % du PIB, l’Irlande 22,7 %. L’Irlande mise sur l’attractivité fiscale pour compenser sa petite taille. La France compte sur son marché intérieur et ses infrastructures.

La France dernière de l’OCDE en compétitivité fiscale

Le classement 2026 de la Tax Foundation place la France en 38e position sur 38 pays de l’OCDE. La note de 45,7 sur 100 reflète la complexité du système fiscal français, son manque de neutralité et sa lourdeur administrative. L’Estonie trône en tête avec 100 points. La Lettonie et la Nouvelle-Zélande complètent le podium. Les États-Unis se classent 23e, l’Allemagne 20e. Même la Colombie, récemment intégrée à l’OCDE, devance la France. Le gouvernement français anticipe un taux de prélèvements obligatoires de 43,9 % en 2026 puis 44,2 % en 2027 au sens national, selon la définition de l’INSEE. Ces prévisions excluent les cotisations sociales imputées. Le taux Eurostat restera donc supérieur à 45 %.

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