Le nombre de médecins en France attendu en hausse d’ici 2040

La France pourrait enfin surmonter la pénurie médicale qui affecte son système de santé depuis des décennies.

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Médecins : hausse de la consultation acceptée s’ils agissent contre les déserts médicaux
Le nombre de médecins en France attendu en hausse d’ici 2040 © www.nlto.fr

La Drees projette une hausse spectaculaire du nombre de médecins en France : 30 % de plus en 2040, 75 % en 2060. Mais ces projections, basées sur le maintien du flux actuel d’étudiants et l’intégration de praticiens étrangers, ne garantissent pas la fin des déserts médicaux ni une réponse adaptée au vieillissement de la population.

30 % de médecins en plus d’ici 2040 : sortie de crise ou mirage ?

La France pourrait enfin surmonter la pénurie médicale qui affecte son système de santé depuis des décennies. Selon une projection de la Drees publiée le 6 octobre 2026, le nombre de médecins actifs devrait augmenter de 30 % d’ici 2040 et de 75 % d’ici 2060. Cette augmentation pourrait atténuer la désertification médicale qui touche actuellement 87 % du territoire et empêche 9 millions de Français d’accéder correctement aux soins.

Avec 261 800 médecins et étudiants en médecine actuellement, la France pourrait compter environ 351 300 internes et médecins de moins de 70 ans en 2030, puis 464 200 en 2060, selon la Drees. Ce bond repose sur deux hypothèses : la stabilité du flux d’étudiants et l’intégration continue de médecins formés hors de l’Union européenne.

Impact des flux d’entrée dans les projections

Le scénario principal de la Drees repose sur l’entrée annuelle de 12 200 étudiants en deuxième année de médecine et l’intégration de 2 500 médecins à diplôme hors UE. Ces bases devraient permettre une croissance régulière des effectifs médicaux.

La Drees explore également plusieurs variantes. Sans l’intégration des médecins formés hors UE, les effectifs en 2060 seraient de 400 800, soit une augmentation de seulement 50 %. Une baisse du nombre d’étudiants à 9 200 aboutirait à 401 800 médecins en 2060, tandis qu’une hausse à 15 200 porterait ce chiffre à 527 700. La Drees précise que ces projections ne sont pas des prévisions, mais des études d’impact.

Facteurs historiques influençant la démographie médicale

Les études médicales, d’une durée minimale de dix ans, influencent fortement l’évolution démographique de la profession. Selon la Drees, la démographie médicale de 2040 dépend largement du nombre actuel de praticiens et d’étudiants en formation plutôt que de décisions politiques futures.

Les réformes récentes, comme la suppression du numerus clausus en 2020 et du numerus apertus en 2025, commencent à montrer leurs effets. Toutefois, 20 Minutes souligne que ces solutions pourraient poser problème d’ici 2070 si le nombre de médecins devient excessif, entraînant des coûts pour les finances publiques.

Persistance des inégalités territoriales

Même avec 79 000 médecins supplémentaires attendus d’ici 2040, les zones rurales et périurbaines pourraient rester sous-dotées. La concentration des médecins dans les grandes villes pose un problème structurel. Les projections de la Drees ne précisent pas la répartition géographique future ni les spécialités médicales qui seront privilégiées. Les pouvoirs publics devront imaginer des incitations pour attirer les médecins dans les déserts médicaux.

Les projections de la Drees mettent en avant en outre l’importance des médecins formés hors UE. Sans leur intégration, les effectifs en 2060 diminueraient de plus de 60 000. Cependant, l’intégration de ces médecins soulève des questions éthiques et pratiques. La France attire des praticiens de pays souvent plus pauvres, et les procédures d’équivalence de diplômes restent complexes, retardant leur entrée en exercice.

Optimisme prudent ou illusion statistique ?

Les chiffres de la Drees offrent une perspective encourageante après des décennies de pénurie. Les décisions récentes, comme l’ouverture du numerus clausus, devraient être bénéfiques à moyen et long terme. Toutefois, la prudence est nécessaire, car il s’agit de projections, non de prévisions.

De nombreux facteurs pourraient influencer ces trajectoires : crises sanitaires, attractivité de la profession, politiques migratoires ou innovations technologiques. L’augmentation prévue des médecins offre une chance de repenser l’accès aux soins, mais sans politique forte pour orienter cette croissance, les déserts médicaux pourraient persister.

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