Le retour d’un impôt sur la fortune, sous une forme prétendument modernisée, signe le triomphe du populisme fiscal. D’abord vendue comme une mesure d’équité, la taxe Zucman a ouvert une spirale punitive où l’on ne cherche plus à comprendre, mais à frapper. De 100 millions à 10 millions puis à 5 millions, pour finir à 1,3 million : la logique n’est plus économique, elle est sacrificielle.
La religion de la taxe
Tout part d’une illusion savamment entretenue : celle que « les riches paieraient moins d’impôts ». En réalité, les économistes comme Gabriel Zucman ont inventé un concept de « revenu économique » qui agrège tous les flux d’une société comme si ses dirigeants en étaient directement bénéficiaires. Cette confusion volontaire entre bénéfices d’entreprise et revenus personnels sert de justification morale à une croisade idéologique. On ne cherche plus à comprendre comment fonctionne l’économie réelle ; on désigne des coupables. C’est le retour du tribunal révolutionnaire, avec ses boucs émissaires et ses sentences sommaires.
Le populisme fiscal, nouvelle unité nationale
Ce qui frappe, c’est la convergence des partis dans cette hystérie fiscale. Le Rassemblement national, que certains imaginaient devenu un parti d’ordre et de raison, se révèle être un parti populiste au sens plein du terme : socialisant dans ses réflexes, nationaliste dans son ton, socialiste dans ses méthodes. À droite, la tentation n’est guère meilleure : le Modem s’égare dans le reniement permanent, entre caprices personnels et soumissions tactiques. Un certain Matéi, assez curieusement, alors qu’il a un profil plutôt technique de notaire, brandit toutes les armes pour pouvoir se faire des riches, comme s’il voulait prouver qu’il avait trouvé le Graal du redressement budgétaire. Et la gauche, fidèle à son tropisme, réclame l’application pure et simple de la doctrine Zucman, avec une ferveur quasi religieuse.
La vengeance plutôt que la réforme
Ce climat de dénonciation et de délation révèle autre chose : l’impuissance politique. Puisqu’on ne sait pas réformer l’État, on accuse les riches. Puisqu’on n’a plus de projet de croissance, on fabrique des symboles. Le pays s’enfonce dans la gesticulation fiscale pendant que les déficits explosent. L’histoire montre pourtant que ces logiques de stigmatisation finissent toujours mal. Derrière le populisme fiscal, il y a la peur : peur de réformer, peur d’assumer, peur de dire la vérité aux Français. Et la peur, quand elle gouverne, appelle toujours la punition. Si rien ne change, le juge de paix sera le FMI — et la sanction viendra d’ailleurs.








