Une polémique interne sur les symboles religieux a déclenché une tempête virale contre la marque de lunettes indienne Lenskart. Des milliers d’internautes publient des vidéos où ils brisent leurs lunettes pour appeler au boycott. Derrière ce geste spectaculaire, une bataille culturelle et réputationnelle s’est installée sur les réseaux sociaux.
Un document interne déclenche l’indignation
La crise a commencé lorsqu’un document interne attribué à l’entreprise de lunettes Lenskart s’est retrouvé diffusé sur les réseaux sociaux. Ce document, présenté comme un guide d’apparence destiné aux employés en magasin, expliquait quels accessoires ou symboles étaient autorisés ou déconseillés pour le personnel en contact avec les clients. Plusieurs internautes ont affirmé que certaines pratiques religieuses hindoues, comme le bindi (point rouge porté sur le front), le tilak (marque religieuse appliquée sur le front) ou le sindoor (poudre rouge portée dans les cheveux par des femmes mariées), semblaient restreintes dans ce guide. Dans le même temps, d’autres signes religieux comme le turban sikhou le hijab semblaient explicitement tolérés. Cette différence perçue a immédiatement déclenché des accusations de traitement inégal des symboles religieux. Sur les réseaux sociaux indiens, le débat s’est rapidement transformé en polémique politique et culturelle, certains accusant la marque de discriminer des pratiques hindoues très répandues dans la vie quotidienne.
Des vidéos de lunettes cassées deviennent virales
La polémique aurait pu rester un débat interne à l’Inde. Mais elle a pris une dimension virale lorsque des internautes ont lancé un geste de protestation simple et spectaculaire : se filmer en train de casser leurs lunettes. Dans ces vidéos largement diffusées sur X, Instagram ou TikTok, les participants expliquent qu’ils refusent désormais d’acheter chez Lenskart et brisent leurs lunettes devant la caméra. Ce geste visuel, facile à comprendre et à reproduire, s’est transformé en défi viral. Des milliers d’utilisateurs ont repris le mot-clé appelant au boycott, transformant une controverse locale en phénomène numérique massif. Dans l’économie des réseaux sociaux, ce type de protestation fonctionne comme un symbole : casser les lunettes devient une manière de montrer publiquement son indignation et de participer à un mouvement collectif.
Une crise de réputation typique de l’ère numérique
Face à la tempête, la direction de Lenskart a rapidement tenté de calmer la situation. L’entreprise a publié un nouveau guide interne précisant que les employés peuvent porter différents symboles religieux ou culturels, y compris le bindi, le tilak, le sindoor, mais aussi le hijab ou le turban. La marque a également présenté ses excuses, expliquant que la formulation du document initial avait pu prêter à confusion. Mais comme souvent dans les crises virales, la correction arrive après l’explosion du débat. Sur les réseaux sociaux, la polémique a déjà pris une dimension identitaire et politique qui dépasse largement la question d’un simple règlement interne. L’épisode illustre une évolution profonde : pour les entreprises mondialisées, chaque document interne peut devenir en quelques heures un symbole culturel explosif. Et dans ce nouvel espace public dominé par les plateformes numériques, la réputation d’une marque peut basculer en quelques vidéos devenues virales.











