Les riches paient-ils moins d’impôts ? Ce que les économistes de la gauche radicale oublient de dire

Publié le
Lecture : 3 min
Chatgpt Image 31 Oct. 2025 à 18 49 05
Les riches paient-ils moins d’impôts ? Ce que les économistes de la gauche radicale oublient de dire © www.nlto.fr

À écouter certains économistes comme Gabriel Zucman, les plus fortunés paieraient proportionnellement moins d’impôts que le reste de la population. Une affirmation qui repose pourtant sur un raisonnement biaisé : la confusion entre l’argent des entreprises et l’argent personnel de leurs dirigeants. Voici pourquoi cette idée, séduisante en apparence, est trompeuse dans la réalité.

Le mécanisme réel de l’imposition

Prenons un exemple concret. Une entreprise, la société A, fabrique des piles et réalise un bénéfice annuel de 10 millions d’euros. Elle est détenue par une holding (société B), elle-même contrôlée par un entrepreneur, M. Martin. Première étape : la société A paie son impôt sur les sociétés (IS), soit 25 % de 10 millions, ce qui laisse 7,5 millions d’euros. Supposons qu’elle distribue 5 millions de dividendes à la holding et conserve 2,5 millions en réserve. À ce stade, c’est la holding qui reçoit ces 5 millions, pas M. Martin personnellement. Ce dernier décide ensuite de se verser un revenu d’un million d’euros depuis la holding. Ce million sera soumis à la flat tax à 30 %, et M. Martin touchera donc environ 700 000 euros nets. Le reste – 4 millions d’euros – demeure dans la holding, où il ne lui appartient pas personnellement : il reste dans la sphère économique, susceptible d’être réinvesti dans de nouveaux projets.

La logique économique de la détention

Ces 4 millions ne sont pas un « trésor caché ». Ils sont un outil de travail, le carburant de l’investissement. M. Martin peut décider, par exemple, d’utiliser 1 million pour créer une nouvelle entreprise – une pizzeria, une société de design ou autre – et placer les 3 millions restants dans l’économie productive, via un fonds de private equity. Ce capital rapporte un rendement, disons 5 %, soit 150 000 euros par an, qui seront à nouveau taxés à 25 %. Ce cycle est sain : il finance des emplois, des innovations, des entreprises. Cette trésorerie peut être injectée à un moment donné dans l’entreprise qui irait mal. Pendant ce temps, le revenu réel de M. Martin, celui qu’il perçoit effectivement, reste de 700 000 euros. C’est sur ce revenu-là qu’il vit, et c’est sur ce revenu-là qu’il est imposé. Il aura donc payé 30% de prélèvements et on peut y ajouter la TVA de 20%. Avec le raisonnement de Zucman il aurait payé 4% d’impôts. On est bien loin de la réalité.

La confusion entretenue par la gauche radicale

L’erreur – ou la malhonnêteté – de certains économistes de la gauche radicale, c’est d’assimiler les bénéfices des sociétés à un revenu personnel. Ils additionnent les 5 millions versés à la holding et les 700 000 euros perçus par M. Martin, et concluent que ce dernier n’aurait payé que 300 000 euros d’impôts sur 5,7 millions de « revenus économiques ». Ce raisonnement est faux. Il revient à dire qu’une entreprise doit être considérée comme un portefeuille personnel, alors que c’est un outil collectif, qui a sa propre fiscalité et sa propre vie économique. Cette approche crée une illusion statistique : celle d’un riche qui paierait moins d’impôts qu’un salarié modeste, alors qu’en réalité il paie l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur les dividendes, la fiscalité sur les placements, et la TVA sur sa consommation. C’est comme si pour un salarié on considérait le salaire charges salariales et charges patronales comprises dans un revenu économique. Ce serait faux également.

Le danger du mensonge économique

Ce discours simpliste prospère parce qu’il s’appuie sur une matière technique et peu familière au grand public. Il joue sur l’ignorance financière pour nourrir l’indignation politique. Pourtant, la réalité est claire : l’argent d’une entreprise n’est pas celui de son propriétaire. Confondre les deux, c’est nier la logique même de l’investissement, celle qui permet à une économie de croître, d’embaucher et d’innover. Derrière le slogan « les riches paient moins d’impôts », il y a donc une manipulation : une vision idéologique qui nie la complexité du réel au profit d’un récit commode. C’est à la fois malhonnête de vouloir manipuler l’opinion publique par de la désinformation idéologique et dangereux pour l’économie car une taxe comme celle de Zucman a des conséquences dramatiques si elle est appliquée.

Laisser un commentaire