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L’hypergamie féminine : êtes-vous d’accord avec ce concept ?

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L’hypergamie féminine : êtes-vous d’accord avec ce concept ? | www.nlto.fr

Le mot choque, irrite, divise. Il est devenu un marqueur idéologique autant qu’un concept sociologique. L’hypergamie féminine, entendue comme la tendance des femmes à rechercher des partenaires disposant de ressources, de statut ou de pouvoir supérieurs, est aujourd’hui au cœur d’une polémique violente. Non parce qu’elle serait nouvelle, mais parce qu’elle met à nu une contradiction majeure de nos sociétés égalitaires.

Un fait statistique que l’on préfère ne pas nommer
Commençons par ce qui dérange : l’hypergamie féminine n’est pas une opinion, c’est un fait statistique massif. Dans l’immense majorité des sociétés étudiées, hier comme aujourd’hui, les femmes choisissent préférentiellement des partenaires ayant un revenu égal ou supérieur, un statut social plus élevé, une position perçue comme protectrice ou dominante. Cette tendance persiste même lorsque les femmes sont diplômées, autonomes financièrement et juridiquement indépendantes. Les données montrent également que les couples où la femme gagne nettement plus que l’homme connaissent davantage de tensions et de ruptures. Ce constat ne relève ni du fantasme masculiniste ni d’une construction idéologique : il est documenté, mesuré, répliqué.

Pourquoi ce simple constat devient-il explosif ?
Parce qu’il contredit frontalement le récit dominant. Nous vivons dans des sociétés qui affirment l’égalité absolue des sexes, la symétrie des rôles, l’indifférence supposée aux hiérarchies. Or, dans les faits, les préférences ne sont pas symétriques. Les hommes, statistiquement, acceptent plus facilement des partenaires de statut inférieur. Les femmes, non. Dire cela, ce n’est pas attaquer les femmes ; c’est mettre en lumière un décalage entre les principes proclamés et les comportements observés. Et ce décalage est devenu politiquement intenable.

Acquis social ou disposition plus profonde ?
La première explication avancée est historique : pendant des siècles, les femmes n’avaient pas accès aux ressources, au travail rémunéré, à la propriété. L’hypergamie serait donc une stratégie rationnelle de survie, devenue obsolète dans un monde égalitaire. L’argument est logique, mais il se heurte à un problème majeur : même lorsque ces contraintes disparaissent, la préférence demeure. Dans les pays les plus égalitaires, elle ne s’efface pas ; parfois, elle s’accentue. Cela oblige à poser une question que beaucoup refusent d’entendre : et si cette préférence n’était pas seulement sociale, mais aussi liée à des dispositions plus anciennes, issues de la logique de protection, de projection et de sécurité propres à l’histoire longue de l’espèce humaine ? Il ne s’agit pas de génétique simpliste ni de déterminisme biologique, mais de tendances probabilistes, modulées par la culture, non effacées par décret.

Le vrai scandale n’est pas l’hypergamie, mais le mensonge collectif
Le scandale intellectuel n’est pas que certaines femmes préfèrent des hommes plus puissants. Le scandale est que nos sociétés refusent de regarder ce fait en face tout en organisant un monde qui le rend explosif. Les femmes sont aujourd’hui plus diplômées que les hommes, mais continuent de rechercher des partenaires “au-dessus”. Résultat mécanique : une pénurie de profils masculins jugés désirables, une concurrence accrue, une frustration croisée.

Êtes-vous d’accord avec ce concept ? La vraie question est ailleurs
La question n’est pas de savoir si l’hypergamie féminine est morale ou immorale. Elle est. La question est de savoir si une société peut durablement fonctionner en proclamant l’égalité tout en refusant d’interroger des préférences profondément asymétriques. Refuser le mot “hypergamie” n’abolit pas le phénomène. Le nier ne le fait pas disparaître. L’instrumentaliser pour accuser non plus. La seule position intellectuellement honnête consiste à reconnaître le fait, à comprendre ses causes multiples, et à se demander ce que nous voulons collectivement : une société qui ment sur ses mécanismes intimes, ou une société adulte, capable d’affronter ses contradictions. Car au fond, le débat sur l’hypergamie n’est pas un débat sur les femmes mais sur un état de fait.

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