Maltraitance animale et scandales sanitaires : l’appel au réveil de « La viande ou la vie »

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Maltraitance animale et scandales sanitaires : l’appel au réveil de « La viande ou la vie » | www.nlto.fr

Dans leur ouvrage coup de poing, Laurent Richier et Sandrine Bureau dénoncent avec force les horreurs de l’élevage intensif, les dérives sanitaires et éthiques de l’industrie de la viande. À travers des témoignages poignants et des faits accablants, ils appellent les consommateurs à ouvrir les yeux sur une réalité insoutenable. Mais alors, comment agir face à cette machine qui broie autant les animaux que les consciences ? Une interview qui ne laissera personne indifférent.

Quels témoignages ou situations vous ont le plus marqué lors de vos investigations ?

LR : Les témoignages d’anciens bouchers, boulangers, pâtissiers qui acquissent mes dires sans aucune réserve. Incroyable ! Quand on sait que les hormones de croissance sont strictement interdites en France mais que certains agriculteurs les utilisent quand même, je suis atterré par leur mauvaise foi. Je vous laisse lire le livre pour que vous observiez de vous-même les dégâts. Quand on sait que ces gens bravent le pavé en multipliant leurs manifestations, ils feraient mieux pour beaucoup d’être plus honnête avec les consommateurs.

SB : Lors de mes toutes premières interviews pour mon web magazine Ô Nature, j’avais rencontré une jeune femme éleveuse de moutons. Celle-ci m’avait confié amener elle-même ses animaux à l’abattoir, pour leur « bien-être ». Par contre, se posait un problème pour elle lorsque c’était des moutons qu’elle avait dû par exemple élever au biberon. Un lien était créé entre elle et l’animal et elle n’avait jamais réussi à amener un de ces animaux à l’abattoir. Cette dissonance m’avait vraiment interpellée à l’époque, aujourd’hui je la comprends mieux. J’ai également réalisé une interview avec Jean-Luc Daub, qui a été enquêteur dans les abattoirs pendant plus de 10 ans. Après l’avoir écouté, c’est comme avec Laurent. Vous ne pourrez plus jamais cautionner de telles horreurs qui hélas ne sont pas marginales mais qui se passent partout, dans tous les abattoirs.

La souffrance animale est au cœur de votre ouvrage : comment le grand public peut-il agir concrètement ?

LR : Il peut agir concrètement dans un premier temps en arrêtant sa consommation de viande et en stoppant l’achat de leurs poulets venus d’Ukraine ou de Pologne sur les marchés le week-end. Ces pauvres animaux élevés dans l’horreur, dans leurs excréments, bourrés d’antibiotiques sont les vecteurs de graves maladies chez les humains. S’il vous plaît, protégez vos enfants ! Trouvez-vous normal de sacrifier la vie, de sacrifier nos animaux pour un soit disant « bon moment passé en famille »… ???

SB : Il n’y a pas plusieurs façons d’agir, il n’y en a qu’une : ne plus manger de viande ni de produits dérivés d’animaux. Il n’y a pas d’abattage « gentil », où l’animal ne sent rien. C’est une vision très « Bisounours » des choses. Mais une vision pourtant fort bien entretenue….

Comment réagissez-vous face à ceux qui minimisent ou rejettent vos alertes ? Pensez-vous que les consommateurs réalisent les conséquences sanitaires de leurs choix alimentaires ?

LR : La machine humaine est parfois incompréhensible. Prenons un exemple. Vous avez mal au ventre et cela dure depuis une ou deux semaines. Beaucoup hésitent à aller consulter un médecin de peur d’avoir une maladie grave. Donc, beaucoup font l’autruche. Pour l’alimentation, c’est pareil. Beaucoup ne veulent pas savoir et évitent d’y penser. Ils ne liront jamais mon livre car ils sont dans le déni. Je pense que les consommateurs sont tout à fait conscients mais ils ont peur d’ouvrir les yeux.

SB : Le temps viendra où la maltraitance du Vivant ne sera plus possible. Ceux qui restent insensibles à ce que nous disons peut-être un jour prendront conscience des faits. Sinon, ils resteront complices de cette maltraitance. Je pense que pour la grande majorité les consommateurs ne réalisent pas les conséquences sanitaires de leurs choix alimentaires, tout simplement par manque d’information. Toute personne sensée et informée remettra inévitablement en question ses choix alimentaires et ses habitudes de consommation.

Quelle serait la première mesure urgente à mettre en place selon vous ?

LR : Surtaxer certains voyous de la grande distribution, certains agriculteurs qui nous empoisonnent au quotidien. Interdire les élevages intensifs en France et que l’Europe montre l’exemple en votant des lois cohérentes sur les sujets.

SB : Fermer tous les abattoirs en France. Les conditions d’abattage dans tous ces lieux sont absolument odieuses et totalement irrespectueuses de la vie. Non seulement de la vie des animaux mais aussi des humains qui y travaillent. Il y a tellement de choses à créer, d’emplois divers et variés qui permettraient à chacun de s’épanouir et de vivre dignement ! C’est très simple ! L’humain est capable de tant de belles choses !

Sandrine Bureau et Laurent Richier sont les auteurs de « La viande ou la vie » publié chez Valeur Ajoutée Éditions.

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