OpenAI : un écart de 20 milliards sur ses revenus annualisés

OpenAI affiche 50 milliards de dollars de revenus annualisés, mais les investisseurs parlaient de 70 milliards. L’écart de 20 milliards résulte de méthodologies comptables divergentes avec Anthropic. Aucune fraude, mais une opacité systémique qui interroge la solidité des valuations astronomiques du secteur IA avant les introductions en Bourse prévues.

Publié le
Lecture : 2 min
OpenAI : un écart de 20 milliards sur ses revenus annualisés
OpenAI : un écart de 20 milliards sur ses revenus annualisés © www.nlto.fr

OpenAI affiche un revenu annualisé de 50 milliards de dollars, tandis que les investisseurs évoquaient 70 milliards. Cette différence de 20 milliards n’est pas une simple perte, mais résulte de divergences méthodologiques. Aucune fraude en jeu, seulement des pratiques comptables distinctes qui soulignent l’opacité d’un secteur où les valorisations atteignent des sommets sans transparence suffisante.

Quand 70 milliards se transforment en 50

En septembre 2026, OpenAI annonce à ses investisseurs un revenu de 50 milliards de dollars, selon des documents consultés par le Financial Times. Quelques jours auparavant, un chiffre de 70 milliards avait circulé dans les médias, provoquant une chute du Nasdaq de plus de 300 points. Nvidia, Intel et Oracle ont vu leurs actions reculer de façon significative. Cette révélation a mis en lumière la fragilité des bases sur lesquelles reposait l’enthousiasme des marchés.

Pas de mensonge, mais une mauvaise interprétation des investisseurs

Le chiffre de 70 milliards n’a jamais été confirmé par OpenAI. Les investisseurs l’ont extrapolé en utilisant une méthodologie comptable différente, inspirée d’Anthropic, un concurrent. En août 2026, ils avaient estimé les revenus à 40 milliards et appliqué une croissance de 70 % annoncée par OpenAI, aboutissant à un chiffre de 70 milliards. Cependant, cette estimation ne reposait sur aucune validation officielle, comme l’indiquent des sources proches des investisseurs.

Des méthodes comptables divergentes entre OpenAI et Anthropic

Anthropic compte la totalité des ventes réalisées via ses partenaires cloud comme chiffre d’affaires brut, alors qu’OpenAI ne comptabilise que sa part nette. Les deux approches respectent les principes comptables américains (GAAP), mais conduisent à des résultats très différents. En juillet 2026, Anthropic affichait 65 milliards de revenus grâce à cette méthodologie généreuse, tandis qu’OpenAI maintient une comptabilité plus conservatrice. Cette divergence rend les comparaisons difficiles, comme le souligne Investinglive, surtout à l’approche d’une introduction en Bourse où les normes comptables deviendront essentielles.

Une valorisation de 1 400 milliards sous question

Des valorisations démesurées et des méthodes floues

OpenAI projette une introduction en Bourse en 2027 avec une valorisation de 1 400 milliards de dollars. Le multiple de valorisation basé sur 50 milliards de revenus est de 28 fois, mais chute à 20 fois avec 70 milliards. Cette différence est cruciale pour déterminer la valeur réelle d’OpenAI. Les importants investissements dans l’infrastructure IA sont justifiés par des projections de revenus massives, mais ces fluctuations de chiffres interpellent quant à leur rationalité, comme le montre la récente chute du Nasdaq.

Vers une clarté nécessaire avant l’IPO de 2027

Avec une IPO prévue pour 2027, OpenAI devra présenter des comptes audités conformes aux standards GAAP, sous la supervision de la SEC. Les méthodes actuelles, acceptées en privé, devront être harmonisées pour éviter des corrections brutales sur le marché public. Les analystes anticipent une révision à la baisse des valorisations, car le secteur de l’IA générative devra s’adapter à la transparence exigée par les marchés financiers.

Le rôle des investisseurs dans cette opacité

Les investisseurs d’OpenAI et d’Anthropic sont conscients des subtilités comptables, mais ont laissé le chiffre de 70 milliards circuler sans rectification publique, car il justifiait les levées de fonds. Cette complaisance alimente une bulle spéculative, créant des attentes irréalistes sur la rentabilité des investissements. L’affaire OpenAI est symptomatique d’un manque de discipline méthodologique dans un secteur aux enjeux financiers colossaux. Les dirigeants de l’IA mettent en garde contre les risques existentiels, mais restent silencieux sur les dangers comptables. Réguler la manière de mesurer le succès de l’IA pourrait être une étape essentielle avant de réguler l’IA elle-même.

Laisser un commentaire