Poulet : Maître Coq et Le Gaulois prennent des engagements « historiques », selon L214

LDC, le géant français du poulet prend des engagements pour se mettre en conformité avec les directives étiquetées par des ONG du bien-être animal.

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Poulet : Maître Coq et Le Gaulois prennent des engagements « historiques », selon L214 © www.nlto.fr

Petite révolution dans le secteur du poulet. Les deux géants du secteur, Maître Coq et Le Gaulois, viennent de prendre des engagements sur les conditions d’élevage des animaux. Ils sont qualifiés d’« historiques » par l’association de défense des animaux L214.


Des engagements historiques dans le secteur du poulet


Le 17 juillet 2025, le groupe agroalimentaire LDC (Lambert Dodard Chancereul), mastodonte français de la volaille, annonce un engagement inédit pour améliorer ses conditions d’élevage. Sa promesse : faire entrer ses deux marques emblématiques, Maître Coq et Le Gaulois, dans le cadre rigoureux du European Chicken Commitment (ECC). Une évolution saluée par l’association L214 comme un changement de paradigme dans l’industrie du poulet.


LDC, leader de la filière avec 40 % des ventes de poulets en France, modifie radicalement son modèle. D’ici 2028, toutes les gammes de Maître Coq et Le Gaulois devront répondre aux critères de l’ECC. Cela implique notamment une densité d’élevage réduite à 15 poulets par mètre carré, la fin de l’usage de souches génétiques à croissance rapide comme la Ross 308, et la mise en place d’infrastructures plus respectueuses : lumière naturelle, perchoirs, substrats pour picorer.


Autre modification cruciale : l’abattage sans suspension des poulets conscients, aujourd’hui encore pratiqué de manière systématique dans les élevages industriels. Ces changements sont loin d’être cosmétiques : ils redéfinissent la chaîne de production de LDC. Selon le groupe, 89 % de ses élevages français sont déjà dans une logique de transition, avec un objectif de conformité totale d’ici fin 2025 pour l’ensemble de ses sites, avant le basculement complet des gammes en 2028.


L214 : trois ans de combat acharné pour une « avancée historique »


L’organisation de défense animale L214 n’a pas ménagé ses efforts. Pendant trois ans, elle a multiplié les actions : enquêtes, campagnes médiatiques, mobilisations dans les grandes villes et dans les rayons des supermarchés. Résultat : huit mois de négociations intenses ont débouché sur un accord salué comme une victoire. « C’est une avancée historique », s’est réjouie Ambre Bernard, responsable des campagnes agroalimentaires à L214. L’association espère maintenant entraîner dans cette dynamique les autres grands groupes de l’agroalimentaire, encore majoritairement silencieux sur la question de l’ECC.


Créé en 2017 par 37 ONG européennes, le European Chicken Commitment impose un standard précis pour améliorer le bien-être animal dans les élevages. Parmi les exigences :
— densité maximale de 30 kg/m² (≈ 15 poulets selon les races)
— interdiction des races à croissance rapide
— présence d’enrichissements environnementaux (perchoirs, lumière naturelle, matériaux à fouiller)
— méthodes d’abattage non douloureuses
— audits indépendants annuels.


LDC devient le premier grand groupe français à aligner ses marques nationales sur ce référentiel. Une décision d’autant plus stratégique que la demande des consommateurs pour un poulet plus éthique est en croissance constante.

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